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| Antoine Guérini |
| The corsican connection | Antoine Guérini (1902-1967) était, avec son frère Mémé, l'un des plus puissant gangster de France (voir d'Europe) dans les années 1940 et jusqu'au au milieu des années 1960. Spécialisé dans la prostitution, le clan Guérini cultiva longtemps des liens étroits avec le parti socialiste marseillais et certaines personnalités du show-biz, avant d'entamer son déclin dans les années 60 à cause de la volonté d'Antoine d'investir dans le monde des jeux.
L'Ascension d'un Jeune Corse
Originaires du village de Calenzana, en Corse, aîné d'une famille pauvre de huit enfants (six garçons et deux filles), Antoine Guérini est né en 1902. En 1923 il débarque sur le continent pour y effectuer son service militaire, puis part l'année suivante s'installer à Nice où le dénommé Jacques Costa lui trouve une place de serveur dans un bar du Milieu. "Mémé" Guérini, son frère cadet, le rejoindra peu après. Conseillé par le mentor de Mémé, Titi Colonna, Antoine se met à "maquer" une fille qu'il fait travailler à Marseille. En parallèle il travaille comme gros bras dans le quartier du Panier pour le compte du parti socialiste. Il se démarque notammant des gangsters marseillais par son mutisme et sa froideur, est connu pour être un homme droit, et sa violence imprévisible fait de lui un homme craint. Il assoie sa réputation lorsqu'avec ses amis il écarte une bande de proxénètes arabes que personne n'osait affronter.
En 1928, le jeune corse a déja une dizaine de prostituées qui travaillent pour lui. Cette même année il achète le bar des Colonnies et s'associe avec son frère Mémé. Une association qui durera 40 ans. À partir de 1930, les frères se mettent à fournir des hommes au parti socialiste, pour assurer la bonne marche de la campagne. De l'autre côté, la droite se fournit chez Carbone et Spirito, le duo de truands le plus puissant de la ville. Les affrontements directs sont rares, mais pas inexistants, comme en 1935 lorsque des hommes de Paul Carbone tirent à vue sur Antoine et ses amis après une réunion électorale.
Au printemps 1936, les frères achètent le bar de l'Étoile, et en font un établissement de luxe où se presse tout le gratin de la police, de la politique et des affaires lors de l'inauguration tandis que les autres frères et soeurs (François, Pascal, Pierre, Lucien, Toussainte et Restitude) débarquent à Marseille pour s'occuper des établissements des deux aînés. En 1937 plusieurs maisons closes deviennent la propriété de la fratrie (à Toulouse, Alger et Marseille), avant d'hériter d'un ami, tenancier de plusieurs établissements dans le sud de la France. Antoine Guérini prend du poids et assoie sa place de "leader du proxénétisme" sur Marseille suite à une entrevue avec Carbone et Spirito, les patrons de la ville. À la veille de la guerre, les frères de Calenzana sont donc à la tête d'un petit empire de la prostitution.
L'Occupation
Sous l'occupation, les Guérini optent pour la Résistance (au contraire de leurs rivaux Carbone et Spirito qui prennent part à la collaboration). Pascal Guérini organise une filière pour faire fuir les clandestins vers la Corse et l'Afrique du Nord tandis que Mémé s'engage franchement dans les combats. Antoine, pour sa part, vient de temps à autres en aide à des résistants ou des juifs en fuite, qu'il cache dans les caves de ses établissements. Mais le truand corse garde le sens des affaires avant tout et n'hésite pas à faire du commerce avec l'occupant, notammant un assez important trafic de bons d'essence.
Au printemps 1942, les frères Guérini auraient réunit une partie des caïds et des chefs résistants de Marseille afin de trouver des moyens de faire fuir l'occupant nazi de certains quartiers de la ville où il est gênant. Au total, se seront près de trois cents durs qui prendront le maquis. Du 8 mai à la fin juillet 1942, quarante-huit attentats frapperont les forces d'Occupation. Celles-ci plient d'abord, puis passent à l'action en février 1943 : du 1e au 17, tout le quartier du Vieux-Port est détruit, se transformant en un gigantesque amas de ruines.
Le 16 décembre 1943, Paul Carbone meurt dans un accident de train ; et à la Libération, François Spirito s'enfuit à l'étranger pour ne pas subir l'épuration. Les Guérini ont le champ libre.
Les Guérini au Pouvoir
À la libération Antoine et ses frères se mettent à racheter les affaires d'anciens truands collabos morts ou en fuite. Du fait de leur puissance financière et "militaire" on leur oppose peu de résistance. Bars, boîtes, hôtels et cabarets de Paris ou Marseille tombent dans leur escarcelle. Une quinzaine d'établissements hauts en couleur au total. À cette époque Antoine fait aussi la connaissance de l'ex-commissaire Robert Blémant, un policier véreux proche du Milieu, avec qui il débute une association qui lui permettera de mettre la main sur les plus belles "maisons" du sud de la France.
En octobre 1947 le protégé et l'ami des frères, Gaston Deferre, qui s'est lié à Mémé pendant la Résistance, est élu maire de Marseille. Le clan est alors envoyé au sommet, bénéficiant de solides appuis politiques et d'une impunité des plus utile, n'oubliant pas de rendre des services en retour. Comme en ce 12 novembre 47 où Antoine et son frère Mémé, épaulés par Antoine Sinibaldi, auraient fait feu sur des militants communistes qui avaient commencer à saccager le quartier de l'Opéra. Bilan : un mort du côté des émeutiers et un non-lieu pour les gangsters.
Au début des années 50, le clan Guérini est devenu l'un des plus puissant d'Europe et sans doute le plus important qu'ait jamais connu le Milieu français. Antoine se lance dans la contrebande de cigarettes (avec Mémé, le caïd marseillais Jo Renucci et surtout Lucky Luciano) et dans le trafic international d'héroïne, la fameuse French Connection, La CIA fait appel à ses services pour briser l'action des communistes dans les docks, et certains lui prêtent même le rôle de commenditaire dans l'assassinat de John Fitzgerald Kennedy.
La Chute
À la fin des années 50, Antoine Guérini décide de se lancer dans le secteur des jeux parisiens. Conseillé par Robert Blémant en 1960 dans une affaire d'une ampleur importante, il y perdra avec ses associés des sommes colossales (une histoire qui sera à l'origine de la "guerre des jeux" entre Marcel Francisci et Jean-Baptiste Andréani). En 1965, après de vifs débats au sein du clan, Antoine Guérini décide de faire abattre Robert Blémant qu'il accuse d'avoir organisé cet échec financier. C'est le début de la fin pour le clan. L'ensemble du Milieu désapprouve cette action et les appuis politiques des frères commencent à les lâcher. Les Guérini sont définitivement mis sur la touche et l'engrenage de la violence va les toucher de plein fouet.
Les deux assassins de Blémant, dont Paul Mondolini le fils naturel de Mémé, seront assassinés en 1966 et 1969, ainsi que leur complice qui conduisait la voiture lors du meurtre.
Le 23 juin 1967, Antoine Guérini va faire le plein de sa mercedes à Marseille, accompagné de son fils. Soudain, deux hommes casqués surgissent sur une grosse cylindrée rouge. L'un d'eux saute à la volée, s'approche de la voiture et tire quatre coups sur le pare-brise côté passager. Il passe la main à travers la portière dont la vitre est baissé et tire encore. Onze balles de 11.43 ont traversé le coeur du seigneur de la pègre. Les auteurs de cet assassinat ne sont pas obligatoirement des vengeurs de Blémant. La rumeur désignent Tany Zampa, la figure montante du Milieu marseillais, comme étant le commanditaire et Jacky le Mat l'exécutant.
La même année, Barthélemy Guérini (Mémé), François Guérini et Pascal Guérini sont arrêtés pour le meurtre d'un cambrioleur qui s'était attaqué à la villa d'Antoine pendant son enterrement. François meurt en prison peu de temps après et Mémé est condamné à vingt ans de prison, bien qu'il n'ait cessé de clamer son innocence, et Pascal à quinze ans. Il mourra d'un cancer en 1982, dans une clinique de Montpellier.
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| Angelo Mariani |
| | Angelo Mariani (né le 17 décembre 1838 à Pero-Casevecchie en Corse - mort le 1er avril 1914) était un chimiste français.
Inventeur d'une boisson tonique
Alors préparateur de pharmacie, Angelo Mariani développa en 1863 une boisson tonique, réalisée à partir de vin de Bordeaux et d'extrait de feuilles de coca, commercialisée à l'époque sous le nom de vin Mariani. Ce fut un succès énorme qui lui valut la célébrité dans toute l'Europe. Le Pape Léon XIII en signe de son approbation officielle lui décerna une médaille spéciale.
Il sut confier la publicité aux plus grandes célébrités, notamment littéraires :
« J'ai à vous adresser mille remerciements, cher Monsieur Mariani, pour ce vin de jeunesse qui fait de la vie, conserve la force à ceux qui la dépensent et la rend à ceux qui ne l'ont plus. »
— Émile Zola, 1895
« Cher Monsieur, J'ai reçu un tel secours de votre vin au moment de mes dernières couches que je vous conjure de m'en faire envoyer d'urgence une nouvelle caisse. »
— Léon Bloy, 1898
« Le témoignage des hommes serait bien trompeur si le vin Mariani ne faisait pas des merveilles. Je crois qu'il en fera en ma faveur s'il m'arrive jamais d'en avoir besoin. »
— Louis Duchesne
Drogue légale, elle contenait entre 6 à 7 mg de cocaïne dans une bouteille. En France, la version cocaïnisée du vin Mariani fut autorisée jusqu'en 1910.
Mariani mourut en 1914. Il se trouve enterré au Cimetière du Père-Lachaise.
Les héritiers de Mariani supprimèrent le vin dans les années 1930. Il créèrent une nouvelle boisson appelée Tonique Mariani qui resta en vente dans les pharmacies jusqu'en 1963.
Précurseur du Coca-Cola
Cette boisson aurait inspiré la création en 1885 du docteur Pemberton (Atlanta, États-Unis), le French Wine Coca ancêtre du Coca-Cola qu'on connaît aujourd'hui sans alcool (à cause de la prohibition de 1886 dans l'État de Géorgie) et sans cocaïne (depuis 1906).
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| Joseph Fesch |
| | Le cardinal Joseph Fesch était un homme d'Église français, archevêque de Lyon de 1802 à 1836.
Né à Ajaccio le 3 janvier 1763, il est mort à Rome le 13 mai 1839. Il était le fils de François Fesch, officier suisse au service de Gênes, et de Angèle-Marie Pietra-Santa (Veuve de Jean-Jérome Ramolino dont elle eue une fille, Lætitia Bonaparte, la mère de l'Empereur, ce qui fait donc de Joseph Fesch l'oncle de Napoléon Bonaparte).
Dans les Ordres
Après des études à Ajaccio, il obtient grâce à l'archidiacre Lucien Bonaparte, une bourse pour rentrer au Séminaireau d'Aix-en-Provence de 1781 à 1786 il entre ainsi dans les ordres. Au moment où éclata la Révolution, il était archidiacre et prévôt du chapitre d'Ajaccio. Sous la Terreur, Joseph Fesch, ayant abandonné l'habit, doit trouver des revenus. Il devient d'abord garde-magasin d'une division de l'armée des Alpes avant de se voir confier par son neveu Napoléon Bonaparte la charge, en 1795 de commis aux marchés de fournitures pour l'armée d'Italie.
Un ecclésiastique distingué
Durant cette campagne, il commence une collection de tableaux, appelée à devenir l'une des plus riches de France. En 1800 il réintègre l'Eglise, et en 1802, son neveu Napoléon lui constitue un diocèse sur mesure, réunissant les départements du Rhône, de la Loire et de l'Ain, et siègeant à Lyon. Il devint alors archevêque de Lyon et primat des Gaules à la tête de l'église en France. Il appelle alors Gaspard-André Jauffret comme vicaire général.
Joseph Fesch devient le premier Cardinal de l'Eglise restaurée. Bonaparte est personnellement intervenu en sa faveur, écrivant au pape : L'archevêque de Lyon est un ecclésiastique distingué par la sévérité de sa morale et l'attachement particulier que je lui porte, étant mon proche parent. Pour obtenir la reconnaissance de L'Empire par le pape, Napoléon alors Premier Consul envoie alors son oncle comme ambassadeur à la cour de Rome, où il le charge de négocier la venue de Pie VII à Paris pour le sacre. La veille de la cérémonie,quand Joséphine avoue au pape qu'elle et Bonaparte ne sont par unis religieusement, c'est encore le cardinal Fesch qui est chargé de donner aux époux une discrète bénédiction nuptiale. En 1805, élevé aux dignités de grand aumônier de l'Empire, de comte et de sénateur, ses relations avec son neveu paraissent bonne. Elles vont se détériorer lors de la crise entre la France et le Saint-Siège. Le cardinal restant fidèle au pape, se trouve dans une situation difficile face à Napolèon, qu'il s'efforce de modérer. En 1806, celui ci le rappelle de son ambassade à Rome, le soupçonnant de tarder volontairement à obtenir l'adhésion du pape à la guerre contre l'Autriche.
L'enlèvement de Pie VII choque profondément Joseph Fesch, mais il n'ose protester ouvertement auprès de Napoléon, qui le contraint par ailleurs à accepter l'annulation de son premier mariage.
Fidèle aux Bonaparte
Les rapports devenus de plus en plus tendus entre Napoléon et son oncle, la lettre que fait parvenir le cardinal Fesch en 1810 au pape lors de son transfert de Savone à Fontainebleau signe leur rupture.
L'empereur lui retire alors la charge de grand aumônier, le privant d'une partie de ses revenus et l'assigne à résidence dans son diocèse de Lyon où il y restera jusqu'en 1814.
Pourtant, Fesch, n'a cessé d'être loyal envers Napoléon. Après l'abdication de l'Empereur et Waterloo, il alla vivre à Rome où il est accueilli par Pie VII, sa maison servant de point de rencontre aux Bonapartes en exil. Il passa ses derniers jours dans l'étude des lettres et des arts, sans vouloir jamais consentir à se démettre de son archevêché.
En 1822, le pape Pie VII redimensionna le diocèse de Lyon au niveau du département.
Fesch avait formé une riche collection de tableaux : il en a légué 1200 à la ville d'Ajaccio.
La descendance du Cardinal Joseph Fesch : Jacques Fesch en cours de béatification par le Cardinal Lustiger.
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| Vincent de Moro Giafferi |
| | Parlementaire français
Naissance 10 juillet 1878
Décès 15 février 1956
Mandat Député 1919-1928
puis 1946-1956
Circonscription Seine
puis Corse
Groupe parlementaire PRS (1919-1928)
RRRS (1946-1956)
IIIème République-IVème République
D'origine corse (Bastia), Vincent de Moro-Giafferi est reconnu comme l'un des grands avocats nationaux.
Il a entre autres défendu Landru, Dieudonné de la bande à Bonnot en 1913, ainsi qu'Eugène Weidmann et le militant communiste bulgare Georgi Mikhailov Dimitrov, l'un des auteurs prétendus de l'incendie du Reichstag de Berlin dans la nuit du 27 au 28 février 1933, s'en prenant directement au maréchal Hermann Goering qui tentera de le faire arrêter par la Gestapo au début de la Seconde Guerre mondiale.
Il défendra en 1939 / 1940 Herschel Grynszpan pour avoir assassiné Ernst vom Rath un conseiller de l'ambassade d'Allemagne le 7 novembre 1938 .
Carrière parlementaire
Il fut député de la Corse sous la Troisième République pour le Parti républicain-socialiste (1919-1928), puis de Paris sous la Quatrième République, cette fois-ci sous l'étiquette du RGR (1946-1956).
Citations:
L’avocat général exige une condamnation à mort afin, dit-il, de calmer l’opinion publique indignée.
L’opinion publique? s’écria Moro. Chassez-la, cette intruse, cette prostituée qui tire le juge par la manche! C’est elle qui, au pied du Golgotha, tendait les clous aux bourreaux, c’est elle qui applaudissait aux massacres de septembre et, un siècle plus tard, crevait du bout de son ombrelle les yeux des communards blessés….
Alors, GOERING ! Alors, prends garde à toi ! Je veux te répéter à la face du monde ce que j’ai déjà dit : l’assassin, l’incendiaire, l’auteur du crime du Reichstag, GOERING, c’est toi !
La Corse vit en autarcie : elle exporte des fonctionnaires et elle importe des retraités.
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| François Coty |
| | Joseph Marie François Spoturno dit François Coty est un industriel et homme politique Corse (« Artiste, industriel, technicien, économiste, financier, sociologue » selon sa carte de visite), né à Ajaccio le 3 mai 1874 et mort à Louveciennes le 25 juillet 1934.
Né en 1874 à Ajaccio, orphelin très jeune, François Coty quitte l'école tôt et est élevé par son arrière-grand-mère. En 1900, il épouse Yvonne Alexandrine Le Baron et s'installe à Paris, où il adopte le nom de Coty - plus facile à prononcer et sans doute plus acceptable socialement que son patronyme original.
L'histoire veut qu'à cette époque, il ait eu l'habitude de jouer au piquet avec Raymond Goery, pharmacien parisien, lequel dut, un jour, remettre leur partie car il devait travailler, dans son laboratoire, à des préparations officinales. Coty l'y accompagna et se montra fasciné par le matériel de chimiste. Le pharmacien lui donna alors la recette de l'Eau de Cologne, à laquelle Coty s'essaya. Le résultat fut jugé satisfaisant et le pharmacien lui conseilla d'apprendre la parfumerie. Coty alla alors passer un an à Grasse pour se former aux techniques de la cosmétique auprès d'Antoine Chiris. Revenu à Paris, il débute en vendant des essences qu'il fait venir de Grasse aux barbiers de la capitale.
Un génial industriel de la parfumerie
Il semble que sa famille paternelle ait dès les années 1860 possédé des intérêts dans la production d'orangers en Corse et que la distillation de la fleur d'oranger ait été un thème abordé devant lui dans son enfance.
Coty n'est pas seulement un "nez" talentueux ; il est le premier à comprendre que le parfum, jusque là réservé à une élite restreinte, peut et va devenir un produit de masse. Il fut appelé "le père de la Parfumerie moderne".
Il a ainsi l'idée d'associer les essences naturelles et les produits de synthèse que les progrès de la chimie organique permettent désormais de produire à bon marché, permettant ainsi à la parfumerie d'entrer dans l'ère industrielle. Dès 1904, il crée sa propre usine sur les bords de la Seine à Suresnes. Elle sera suivie de nombreuses autres : dans l'île de Puteaux pour les conditionnements métalliques, à Neuilly pour les boîtes de cuir et de carton, à Pantin et aux Lilas pour les flacons.
Il comprend l'importance du marketing, du packaging (faisant appel au célèbre verrier René Lalique qui crée pour lui le flacon de L'Effleurt, puis celui d'Ambre antique, mais aussi à Baccarat et au décorateur Léon Bakst) et de la publicité et résume ainsi sa philosophie commerciale : "Donnez à une femme le meilleur produit que vous puissiez préparer, présentez-le dans un flacon parfait d'une belle simplicité, mais d'un goût impeccable, faites le payer un prix raisonnable, et ce sera la naissance d'un grand commerce tel que le monde n'en a jamais vu." Il remporte de grands succès commerciaux avec La Rose Jacqueminot (1904), base de sa fortune, L'Origan (1905), Ambre Antique (1908), Le Muguet (1910), Lilas blanc (1910), Iris (1913, premier parfum soliflore) et surtout Chypre, lancé en 1917, le premier parfum grand public, dont le succès durera des décennies. La poudre "L'Origan", dans sa célèbre boîte orange et blanc, se vend à 16 millions d'exemplaires par an en France.
Alors que les parfumeurs ne commercialisaient leurs créations que dans leurs propres boutiques, Coty (qui dispose d'un magasin ouvert en 1905 rue La Boétie à Paris), décide de vendre ses parfums dans les grands magasins, se heurtant d'abord au scepticisme de ceux-ci. La légende veut que Coty, sortant d'un rendez-vous avec le directeur des Magasins du Louvre qui lui avait refusé la possibilité de commercialiser dans ses rayons son nouveau parfum La Rose Jacqueminot, en ait jeté une bouteille en plein milieu du magasin bondé, provoquant une quasi-émeute alors que des dizaines de clientes se précipitaient pour demander où elles pouvaient en acheter. Les Magasins du Louvre acceptèrent le parfum dont plus de 500 flacons s'arrachèrent en quelques jours. Les autres grands magasins suivirent. Au bout de quatre mois, Coty avait gagné son premier million. A la veille de la guerre de 1914, les Parfums Coty étaient n° 1 dans le monde, avec des succursales à Moscou, New York, Londres et Buenos Aires, et Coty déjà très riche.
En 1918, pour relancer les ventes, Coty a l'idée de génie de conditionner ses parfums en petites bouteilles, ce qui en fait le cadeau idéal que les soldats américains revenus du front vont ramener à leur femme ou à leur petite amie. Le succès est colossal.
Le milliardaire
En 1920, la fortune de Coty se compte en centaines de millions de francs. Il est même considéré alors comme l'un des hommes les plus riches du monde.
Charles Maurras, l'un de ses adversaires politiques, le surnomme "le ploutocrate" et Lucien Daudet, qui le traite de " crétin juché sur un monceau d'or", l'accuse de "vendre la France à l'Amérique pour une poignée de dollars".
Son apparence physique a été généralement jugée énigmatique, voire dérangeante. Le journaliste et écrivain Lucien Corpechot le décrit comme un "petit bonhomme, très soigné de sa personne, au visage rasé sans grande expression, avec l'oeil intelligent de l'épicier de Montrouge (...) On est toujours tenté de le prendre pour son valet de chambre (...) toujours en représentation, guindé, s'observant (...) à peu près inculte, ne lit pas et ne sait rien des doctrines contemporaines mais il a un toupet de chien, parle beaucoup, étourdit ses visiteurs, ne les écoute guère et se sert de ses défauts pour masquer sa grande qualité qui est de bien connaitre l'homme, ses ressorts secrets, ses appétits et ses faiblesses et de savoir s'en servir".
Coty a des cheveux roux, qu'il finira par teindre en blond, et l'œil droit immobile, comme s'il était en verre. Il porte au doigt un énorme saphir, fuit la foule et les mondanités, et mène une vie recluse et mystérieuse. Ainsi, il achète à Paris l'énorme hôtel particulier de George Kessler, situé 24 et 26 avenue Raphaël au Ranelagh (aujourd'hui détruit), considéré comme l'une des plus grandes réussites architecturales d'Ernest Sanson, mais il ne l'utilise que comme adresse postale et pour entreposer ses collections de meubles et de tableaux, préférant résider à l'hôtel Claridge avenue des Champs-Elysées.
Le 30 juillet 1912, Coty acquiert pour 600 000 francs le château d'Artigny à Montbazon, près de Tours, qui a remplacé en 1769 un ancien bastion avancé du donjon médiéval, puis fut remanié au cours du XIXème s.. Séduit par le site et sa vue magnifique sur la vallée de l'Indre, il l'est moins par les bâtiments. Comme Edmond de Fels à Voisins, il fait raser cet ensemble assez hétéroclite pour faire construire, entre 1912 et 1929, un magnifique château dans le style du XVIIIe siècle, inspiré du château de Champlâtreux, la demeure familiale des Molé, œuvre de l'architecte Jean-Michel Chevotet de 1751 à 1757. Coty et sa famille résident à Artigny la moitié de l'année, le maître travaillant au premier étage, ce qui explique le choix - inhabituel - de construire les cuisines sous les combles pour que l'odeur de la nourriture ne vienne pas perturber l'élaboration des parfums. Le décor intérieur est somptueux, avec une chapelle inspirée de celle de Versailles et une fresque du peintre [Charles Hoffbauer]Prix de Rome 1924,] représentant la famille du parfumeur et ses amis. Des serres à orchidées magnifiques sont construites dans les jardins "à La Française" .
A Louveciennes, Coty achète en 1923 un domaine comprenant le pavillon édifié par Claude-Nicolas Ledoux en 1771 pour la comtesse du Barry. Sous le prétexte d'édifier en sous-sol un laboratoire de parfumerie, un générateur électrique, des cuisines et une piscine, il n'hésite pas à faire déplacer ce dernier de plusieurs mètres, ce qui aura d'ailleurs pour effet de le préserver, quelques années plus tard, d'un affaissement de la falaise au bord de laquelle il avait été bâti. Le pavillon est néanmoins profondément altéré par la surélévation d'un étage, commandée à l'architecte Charles Mewès, afin de créer cinq chambres à coucher supplémentaires. Des serres tropicales sont créées, reliées au pavillon par des passages souterrains. C'est là que Coty mourra en juillet 1934, victime d'un accident vasculaire cérébral. Il sera inhumé à Ajaccio, sa vile natale.
Dans les années 20, il possède le château Saint-Hélène à Nice (acquis en 1922 et qui abrite aujourd'hui le Musée international d'art naïf Anatole Jakovsky), la villa Nanouna à Beaulieu-sur-Mer, le château de la Filolie à Thiviers (Dordogne), une villa à Biarritz et deux propriétés en Corse dont le Scudo à Ajaccio, acquis dans les années 60 par le chanteur Tino Rossi. En 1926, il loue à la Ville de Paris le château de Longchamp, situé dans le Bois de Boulogne, autrefois résidence du baron Haussmann, préfet de la Seine et laissé à l'abandon. Il le fait démolir et fait construire, dans le style du XVIIIe siècle, le château qui s'y trouve encore aujourd'hui.
Ami des arts, collectionneur et mécène, Coty finance de nombreuses expositions, mais aussi la traversée de l'Atlantique Paris - New York par Costes et Bellonte ou le nouveau laboratoire du physicien Edouard Branly, dans l'enceinte de l'Institut catholique de Paris.
Une orientation politique controversée
François Coty se lance dans la politique dans les années 20. Viscéralement anti-communiste, il admire le fascisme italien qu'il va contribuer à acclimater en France.
En février 1922, il prend le contrôle du Figaro, qu'il rebaptise Figaro et qu'il installe rond-point des Champs-Elysées. En 1925, il nomme Lucien Romier rédacteur en chef, mais s'en sépare deux ans plus tard. Le journal adopte une ligne éditoriale résolument à droite et perd une grande partie de ses lecteurs : en 1932, la diffusion est tombée à 10.000 exemplaires. En 1925, il soutient financièrement, avec le producteur de cognac Hennessy, le mouvement Faisceau de Georges Valois, "ancien anarchiste converti au royalisme et son organe de presse Le Nouveau Siècle. Il quitte cependant le Faisceau en 1926.
Le duc de Guise, prétendant au trône de France de 1926 à 1940, fit appel à lui pour servir de conseiller à son fils Henri d'Orléans (1908-199), titré comte de Paris en 1929.[1]
En 1928, Coty rachète Le Gaulois qu'il fusionne avec le Figaro.
Il fonde en 1928 le populaire L'Ami du peuple, dont les bureaux sont installés rue de Bassano. Destiné aux classes populaires, le quotidien est vendu deux sous, ce qui lui vaut un procès retentissant intenté par les grands quotidiens à cinq sous comme Le Matin, Le Journal et Le Petit Parisien. Déboutés, ceux-ci seront condamnés à lui verser deux millions de dommages intérêts.
En 1923, Coty est élu Sénateur de la Corse mais son élection est invalidée par la Haute Assemblée. En 1931, il est élu maire d'Ajaccio (le stade de la ville, inauguré en 1910, porte toujours son nom).
En 1927, il soutient la création des "Croix de Feu" par le Comte Maurice d'Hartois, qui s'installent d'ailleurs, au départ, dans les locaux du Figaro. En 1933, il fonde son propre mouvement : Solidarité Française, qui annonce près de 10.000 adhérents et participe aux émeutes du 6 février 1934. Après la mort de son fondateur, peu de temps après, le mouvement fusionne avec le Francisme de Marcel Bucard.
L'héritage de François Coty
Les activités politiques de Coty n'ont pas fait que ternir sa mémoire : elles l'ont laissé complètement ruiné.
A sa mort en 1934, la plupart de ses biens sont placés sous séquestre à la demande de ses nombreux créanciers. Son ex-femme, Yvonne Cotnaréanu, ne rentrera ainsi en possession du château d'Artigny qu'en 1944, que sa fille Christiane vendra en 1959 à René Traversac qui en fait le fleuron de son empire hôtelier( "Relais et Châteaux"). Dès 1934 néanmoins, elle devient la première actionnaire du Figaro. Elle cédera la moitié de ses actions, le 15 mai 1950, à un groupe constitué autour de Jean Prouvost. En 1964, elle vend l'autre moitié au groupe Prouvost-Béghin.
La société des Parfums Coty existe toujours aujourd'hui. Elle détient des marques comme Jennifer Lopez, Céline Dion, les parfums Adidas, Rimmel, et Lancaster.
Ses grandes créations, comme "Le Chypre" qui donna son nom à la famille des parfums chyprés, "Ambre Antique", "L'Origan", "Emeraude", "L'Aimant", "Le jasmin de Corse" ou son premier parfum "La Rose Jacqueminot", peuvent toujours êtes sentis au Conservatoire International des Parfums de Versailles.
L'Association François Coty, qui perpétue sa mémoire, remet chaque année un prix à un parfumeur, pour l'ensemble de son œuvre.
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| Charle André pozzo di Borgo |
| | Charles André, comte Pozzo di Borgo, né à Alata près d'Ajaccio le 8 mars 1764 et mort le 15 février 1842, est un homme politique corse, devenu diplomate russe.
Biographie
Issu d'une famille de la noblesse corse, né quatre ans avant que l'île ne devînt possession française, il fut éduqué à Pise et fut associé dans sa jeunesse à Napoléon et Joseph Bonaparte, les deux familles étant à l'époque alliées politiques. Pozzo fut l'un des deux délégués envoyés à l'assemblée nationale pour demander l'incorporation politique de la Corse à la France, et fut par la suite député corse à l'assemblée législative, où il siéga sur les bancs de la droite jusqu'aux évènements d'Août 1792.
À son retour en Corse, il fut chaudement reçu par Pasquale Paoli, mais se trouva en opposition avec les frères Bonaparte, associés au parti jacobin. Sous la nouvelle constitution, Pozzo fut élu procureur-général-syndic, c'est-à-dire chef du gouvernement civil, alors que Paoli commandait l'armée. Avec Paoli, il refusa de se rendre à une convocation à la barre de la Convention. Sa rupture définitive avec les Bonaparte, qui soutenaient activement les autorités révolutionnaires, date de cette époque. Finalement, Pozzo et Paoli acceptèrent l'aide étrangère et, de 1794 à 1796, lors du protectorat anglais sur la Corse, Pozzo fut président du Conseil d'État sous Sir Gilbert Eliott.
Quand Napoléon envoya des troupes pour occuper l'île, Pozzo fut exclu de l'amnistie générale et se réfugia à Rome, mais les autorités françaises demandèrent son expulsion et ordonnèrent son arrestation dans l'Italie du nord. Après un court séjour à Londres, il accompagna Sir Gilbert (devenu Gilbert Eliott, premier Comte de Minto) lors d'une ambassade à Vienne, où il vécut six ans et fut bien reçu dans les cercles politiques. Sa haine de Napoléon domina sa vie : même en tant qu'exilé sans position officielle, il fut reconnu comme un ennemi dangereux. En 1804, par l'influence du Prince Adam Jerzy Czartoryski, il entra au service diplomatique de la Russie et fut employé comme commisssaire auprès des Anglo-Napolitains et, en 1806, auprès de l'armée prussienne. Il fut chargé d'une mission importante à Constantinople en 1807, mais la conclusion de l'alliance entre le Tsar Alexandre Ier de Russie et Napoléon à Tilsitt en juillet interrompit sa carrière, necessitant sa retraite temporaire après la fin de sa mission auprès de la Sublime Porte.
Il retourna à Vienne, mais Napoléon demanda son extradition et Metternich l'expulsa de la capitale. Il trouva refuge à Londres, où il resta jusqu'en 1812, puis fut rappelé par Alexandre. Il chercha à semer la discorde dans la maison Bonaparte et, en mission en Suède, il s'assura de la coopération de Bernadotte contre Napoléon. À l'entrée des alliés dans Paris, il devint commissaire général du gouvernement provisoire. À la restauration de la maison de Bourbon, Pozzo di Borgo devint ambassadeur russe aux Tuileries et tenta de nouer une alliance entre le Duc de Berry et la Grande Duchesse Anna, sœur d'Alexandre. Pozzo assista au Congrès de Vienne et, durant les Cent-Jours, il rejoignit Louis XVIII en Belgique, où il reçut pour consigne de discuter de la situation avec le Duc de Wellington. Le tsar, suivant en cela ses tendances libérales, révait d'accorder un appel au peuple de France sur le sujet de leur gouvernement, mais les suggestions de Pozzo en ce sens rencontrèrent une violente opposition, le duc refusant toute concession à l'égard de ce qu'il considérait comme une rébellion, alors qu'à Saint-Pétersbourg, son attachement à la dynastie Bourbon était considéré comme excessif.
Durant ses premières années de résidence à Paris, Pozzo travailla sans relâche à alléger le fardeau imposé à la France par les alliés et à réduire la durée de l'occupation étrangère. Le gouvernement français lui proposa le portefeuille des affaires étrangères. Il soutint le parti modéré et le ministère du duc de Richelieu, ce qui lui valut la méfiance et l'inimitié de Metternich, qui le tint responsable du renouveau de l'agitation libérale. Son influence aux Tuileries décrut avec l'accession au trône de Charles X, dont les tendances réactionnaires lui étaient depuis toujours désagréables. Mais à la révolution de juillet, quand le tsar Nicolas se montra réticent à reconnaître Louis Philippe, il permit d'éviter des difficultés avec la Russie.
En 1832, il visita St Petersbourg et se rendit l'année suivante à Londres pour renouveler ses relations avec Wellington. Au début de 1835, il fut subitement transféré à l'ambassade de Londres, où il succéda au Prince Lieven. Pozzo était conscient que ce changement était dû aux diverses factions de Saint-Petersbourg, qui le soupçonnaient d'être favorable aux intérêts français. À Londres, sa santé déclina, et il se retira du service en 1839 pour passer le reste de ses jours à Paris. Il fut fait comte et pair de France en 1818.
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| Danielle Casanova |
| | Danielle Casanova (née Vincentella Perini à Ajaccio (Corse) le 9 janvier 1909 - Auschwitz, 9 mai 1943) était une militante communiste et une résistante, morte en déportation à Auschwitz. Elle a été responsable des Jeunesses communistes, avant de fonder l'Union des jeunes filles de France.
Enfance et jeunesse
Fille d'instituteurs, Vincentella Perini poursuit ses études secondaires à Ajaccio puis au collège du Luc (Var) où elle suit l'une de ses professeurs. Après un bref passage en classe préparatoire, elle s'inscrit à l'école dentaire de Paris, préférant une profession libérale à la fonction publique. Elle y découvre l'Union fédérale des étudiants, organisation étudiante de gauche à laquelle elle adhère avant d'en devenir responsable. Elle rencontre son mari, Laurent Casanova, au sein de cette organisation. En 1928, elle s'engage dans les Jeunesses communistes.
Activité politique de l'entre-deux-guerres
Vincentella se fait alors appeler Danielle et devient très vite secrétaire du groupe de la faculté de médecine. Tout en poursuivant ses études, elle rejoint le Comité central du mouvement au VIIe congrès en juin 1932, puis la direction du mouvement en février 1934, où elle est la seule femme. Face à la très rapide augmentation des effectifs de la JC, le VIIIe congrès réuni à Marseille en 1936 la charge de fonder l'Union des jeunes filles de France. Cette organisation, bien que proche de la JC, a vocation à créer un mouvement de jeunes filles pacifiste et anti-fasciste. Élue secrétaire générale de l'UJFF lors de son premier congrès en décembre 1936, elle organise par ailleurs une action de collecte de lait concentré pour aider les enfants d'Espagne victimes de la guerre civile.
Résistance
Lors de l'interdiction du PCF en septembre 1939, Danielle Casanova passe dans la clandestinité, et contribue au journal Le Trait d'Union. À partir d'octobre 1940, elle participe à la mise en place des Comités féminins en région parisienne. Tout en continuant à contribuer à la presse clandestine, notamment pour la Pensée libre et en fondant la Voix des femmes, elle organise des manifestations contre l'occupant, notamment les manifestations des 8 et 11 novembre 1940 suscitées par l'arrestation du professeur Paul Langevin, puis celle du 14 juillet 1941.
Elle est arrêtée par la police française le 15 février 1942 alors qu'elle ravitaillait Georges Politzer et sa femme. Emprisonnée à la prison de la Santé puis au fort de Romainville fin août 1942, elle est déportée à Auschwitz le 24 janvier 1943 où elle sert dans l'infirmerie du camp en tant que chirurgien-dentiste. Elle ne cesse jamais de militer, organisant publications et manifestations clandestines au dépôt, puis au fort, et finalement la solidarité dans le camp de concentration. Elle décède le soir du 9 mai 1943 du typhus.
Renommée posthume
Héroïne de la Résistance, de nombreuses rues, écoles, collèges et lycées ont été baptisés de son nom après la Libération, notamment dans beaucoup de communes acquises au Parti communiste, mais également à Paris. Un des ferrys de la SNCM, reliant Marseille et la Corse, a également été baptisé Danielle Casanova.
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| Sampieru Corsu |
| Gian Pietro de Bastelica | Sampiero de Bastelica, dit Sampiero Corso ou Sampieru Corsu, né le 23 mai 1498 à Bastelica et mort le 17 janvier 1567, fut la première figure du nationalisme corse. Il est, avec Pascal Paoli et Napoléon Ier, le plus célèbre des Corses.
Roturier, bien que sa mère soit de petite noblesse (Cinarchese da Bozzi) mais non de basse extraction, le grand chef corse débuta à 14 ans dans la carrière des armes, servant Jean de Médicis, puis le pape Clément VII et, en 1530, Hippolyte de Médicis.
À partir de 1535, sa destinée et celle de sa famille seront attachées à la Maison de France. Il se couvre de gloire dans les armées de François Ier, se bat aux côtés de Bayard, et reçoit, en 1547, le grade de colonel, commandant l’ensemble des « bandes » corses au service du roi François Ier.
Comme le voulait l’usage à l’époque, il reçoit le surnom de Corso, qui indique son pays d’origine et qui reste attaché à sa renommée. Il tire de ses talents militaires et de sa bravoure au combat une importante richesse.
En 1545, il épouse, à l'âge de 47 ans, une jeune noble insulaire, Vannina d'Ornano, âgée de 15 ans.
Dans la lutte pour la suprématie en Europe que se livrent les deux grandes puissances continentales d’alors, la France vise à s’assurer une plate-forme stratégique en Corse lui permettant d’affaiblir l’ennemi espagnol à travers son allié gênois et Henri II décide d’apporter son aide à Sampieru pour une première expédition militaire en Corse.
En 1553, à la tête d'une alliance franco-turque, Sampieru débarque dans l'île et parvient à soulever l'étendard de la révolte. Avec ses alliés, les d'Ornano, famille de sa femme Vannina, il rallie à lui le peuple, les familles des capurali et les seigneurs.
Il remporte quelques succès sur les Gênois commandés par l’amiral Andréa Doria, mais cette guerre tourne court car la France est préoccupée par le rapprochement entre l’Angleterre et l’Espagne.
La couronne rappelle le maréchal de Termes et Sampiero en 1555. Un armistice est conclu à Vaucelles en 1556 et met fin aux hostilités pour cinq ans.
La Corse demeurera, moyennant la réoccupation de Bastia et de Calvi par Gênes, encore possession française durant quatre années, administrée mollement par le général Giordano Orsini (parfois « francisé » en Jourdan des Ursins), membre d’une grande famille romaine et qui avait servi sous les ordres du maréchal de Termes.
La défaite française de Saint-Quentin en 1557 et la signature du traité du Cateau-Cambrésis en 1559 va précipiter le retour de la Corse dans le giron de Gênes. Lors de la signature du traité, les émissaires français tentent bien de conserver l’île à la couronne, mais ils doivent y renoncer pour conserver Calais, Metz, Toul et Verdun.
Nommé gouverneur d’Aix-en-Provence en 1560, Sampiero Corso est ensuite nommé ambassadeur extraordinaire en Turquie par le roi de France.
Ayant laissé son épouse et ses enfants en sa demeure de Marseille, la jeune femme se morfond et se laisse manipuler par le précepteur de ses enfants, l’abbé Michel-Ange Ombrone, espion gênois. Vannina vend alors les biens de Sampiero et s’embarque pour la capitale ligure. L’ayant appris, son époux fit intercepter le navire. Il jugea alors sa femme et la condamna à mort. Elle accepta la sentence, le suppliant seulement de l’étrangler de ses propres mains plutôt que de la livrer au lacet du bourreau, ce que fit Sampiero.
Avec l’appui de Catherine de Médicis, Sampieru revient en Corse en 1564 à la tête d’une petite troupe de Corses et de mercenaires gascons. Une fois encore il gagne quelques combats peu significatifs, mais se trouve vite isolé, sans l’aide de la France et épuise ses forces. La population se lasse et les grandes familles font défection et se rallient à Gênes.
La famille d’Ornano offrit deux mille ducats d’or à qui ramènerait la tête du colonel tandis que Gênes en promettait quatre mille. Il tombe dans une embuscade, le 17 janvier 1567, à 71 ans. Parmi les mercenaires corses au service de Gênes se trouvaient trois cousins de sa femme. Sa tête est exposée par les Gênois à Ajaccio.
Son fils Alphonse d'Ornano sera Maréchal de France.
Sa vie et surtout l’histoire du drame de son couple a fait l’objet d’un opéra Sampiero Corso, écrit par Henri Tomasi, créé au Grand Théâtre de Bordeaux, le 6 mai 1956.
La légende veut que Shakespeare se soit inspiré de l’histoire de Sampieru étranglant sa femme Vannina coupable de trahison, après que celle-ci eût demandé à mourir de ses mains pour créer le personnage d’Othello...
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| Jean-Pierre Gaffory |
| | Ghjuvan Petru Gaffori, est un médecin et patriote corse né à Corte en 1704, puis assassiné en 1753 à Corte.
Biographie
Jean-Pierre Gaffory d’abord secrétaire du roi Théodore de Neuhoff, est nommé protecteur de la Nation corse en 1745 par une consulta réunie au couvent d'Orezza pour lutter contre Gênes, les chefs historiques de la rébellion étant tous partis en exil. En 1746, il s'empare de la citadelle de Corte tenue par les génois en faisant preuve d'une grande bravoure ; il se rend alors maître du centre de la Corse. En 1751, il est nommé général de la Nation. Le 3 octobre 1753, il meurt dans une embuscade tendue par six tireurs, dont son propre frère, dans le quartier de Saint Pancrace à Corte. Selon certains, cet assassinat a été commandité par les génois ; pour d’autres, il s’agit d'une banale querelle de délimitation de propriétés avec la famille Romei.
Son épouse Faustina Gaffory est célèbre pour son rôle dans la défense de Corte. En 1746, elle ordonna aux soldats de prendre la citadelle alors que les génois retenait son fils en otage tout en indiquant qu'ils pouvaient l'exécuter mais qu'elle ne se rendrait pas . Quelques années plus tard, les génois attaquant à nouveau Corte, elle menaça de faire sauter un baril de poudre si les habitants se rendaient.
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| Pasquale de Paoli |
| | Naissance : 6 avril 1725
(Morosaglia
Décès : 5 février 1807 (à 81 ans)
Londres
Nationalité : Corse
Grade : Général
Conflits : Guerres de la Révolution
Commandement : Général de la Nation
Faits d'armes : Bataille de Borgu
Bataille de Ponte Novu
Famille : Fils de Hyacinthe Paoli et de Dionisia Valentini
La Corse des Révolutions (1729-1754) et la Royaume de Corse constitutionnel (1755-1769) fondent une large partie de l'identité Corse d'aujourd'hui. Pascal Paoli est le héros de cette épopée. Héros paradoxal, puisqu'il n'arrive en Corse qu'en 1755, qu'il perd l'ultime bataille face à l'armée royale française, qu'il n'a vécu en Corse que moins de trente ans, pour 15 ans à Naples et en Italie, et 40 ans en Angleterre. Mais sa personnalité et son action intéressent bien au-delà des seuls Corses ou des historiens. Avec un fort attachement à son île natale et à sa culture, Pascal Paoli est une leçon d'humanisme et de démocratie, dont les fondements peuvent se trouver dans son interculturalité, son attachement aux idées des Lumières ainsi qu'à ses relations d'amitiés ou épistolaires tissées à travers toute l'Europe.
Ainsi, Pascal Paoli fut à la fois chef d'État de la Corse indépendante, démocrate et patriote, homme des Lumières et Général, Corse et Européen.
Biographie
Pascal Paoli est le fils de Hyacinthe Paoli, nommé conjointement avec plusieurs notables corses chef de la nation avant et depuis le départ du roi Théodore de Neuhoff. Il naît dans le hameau dit « a Stretta » du village de Morosaglia, dans une Corse alors sous domination génoise. Dans ses jeunes années, il suit de bonnes études au couvent des Observantins du Rostino.
Jeunesse et exil napolitain
En 1739, Hyacinthe Paoli, contraint par les Génois de quitter la Corse secouée par des troubles depuis 1729, choisit de se réfugier à Naples. Il emmène avec lui le plus jeune de ses fils, Pasquale, âgé de 14 ans.
C'est donc en Italie, et plus particulièrement à Naples, que Pasquale Paoli reçoit l'essentiel de sa formation. Il est élève à l'École militaire de Naples et devient cadet dans les troupes Corses du Royaume des Deux-Siciles. Il débute par la suite une carrière dans le régiment royal de Farnèse et porte un regard attentif dans le même temps sur les évènements qui se déroulent en Corse et la révolte d'une partie de la paysannerie appuyée sur les notables contre le pouvoir génois.
Durant cette période, il suit l'enseignement d'Antonio Genovesi, titulaire de la première chaire européenne d'économie politique, qui, humaniste, place au premier plan de la légitimité du pouvoir l'intérêt du peuple et prône la séparation du spirituel et du temporel. En économie, Antonio Genovesi insiste sur le commerce international comme source de richesse et valorise en particulier le travail, conceptions qui seront plus tard appliquées par Pascal Paoli.
Le jeune Paoli est aussi un grand lecteur de Montesquieu, dont il se fait expédier « l'Esprit des lois » par son père, et des penseurs anglais de l'époque. Mais il fait également preuve de curiosité scientifique et suit les cours de l'Académie Royale d'Artillerie.
Le généralat
En 1755, il est appelé par les principaux chefs corses révoltés contre Gênes pour prendre la tête de l'insurrection pour l'indépendance de la Corse. Pasquale Paoli, malgré quelques oppositions internes comme celles d'Emanuele Matra, devient de fait le chef des révoltés corses : le 14 juillet 1755, il est proclamé Général de la Nation lors d'une consulte tenue au Couvent Saint-Antoine de la Casabianca.
Durant les premiers mois du généralat, Matra est élu à son tour Général de la Nation. Avec un corps de partisans, il s'oppose et marche contre Paoli, mais la lutte se termine par la mort de ce général au siège du couvent de Bozio.
En même temps, Pasquale Paoli met en oeuvre un plan réflechi de modernisation de l'île en lui donnant une constitution (constitution corse) fondée sur la séparation des pouvoirs, et accorde le droit de vote à tous les citoyens, dont les femmes (veuves ou célibataires).
La Corse devint alors le premier État démocratique dans l'Europe des lumières, et Paoli un « despote éclairé », ce qui suscita l'admiration de philosophes comme Rousseau et Voltaire. Paoli défendit la liberté, bien qu'étant élu à vie. La possibilité d'être démis par la diète corse, dominée dans les faits par les chefs de clan, n'étant pas clairement établie. En outre, Paoli se réservait le droit d'inviter de nombreuses personnes non élues à venir siéger dans cette assemblée. Quand à l'université fondée à Corte, elle restait, par les matières étudiées et par ses nombreux professeurs ecclésiastiques, dominée par le catholicisme.
Sur le plan économique, Paoli introduit en Corse la pomme de terre dès 1756, fonde L'Île-Rousse (1758) dans le but de concurrencer les présides génois d’Algajola et de Calvi, et fait battre monnaie à l’effigie de la nation corse à Murato (1762).
Une « imprimerie nationale » est créée à Campoloro où sont publiés les « Ragguagli dell’Isola di Corsica », sorte de journal officiel. Il crée une marine de guerre et fait de Corte la capitale de la Nation corse où siège le gouvernement. Il bat une monnaie saine, et interdit la vendetta.
Négociations entre Gênes et la France, la guerre de Corse
La France, pour des raisons stratégiques, désirant s’implanter en Méditerranée trouva l’opportunité politique de s’emparer de la Corse lorsque la République de Gênes, chassée de Corse et criblée de dettes, vint chercher de l’aide auprès du roi de France. Aux termes du traité de Versailles, signé le 15 mai 1768, la France prêta deux millions de livres à Gênes qui donna en garantie la Corse qu’elle ne possédait plus.
Ayant eu connaissance du traité de Versailles, Pasquale Paoli réunit une consulta le 22 mai à Corte où il fit ce commentaire : « Jamais peuple n'a essuyé un outrage plus sanglant... On ne sait pas trop qui l'on doit détester le plus de celui qui nous vend ou de celui qui nous achète... Confondons les dans notre haine puisqu'ils nous traitent avec un égal mépris »
Bien décidés à défendre leur indépendance, les Corses remportent plusieurs victoires face aux troupes françaises. La plus célèbre étant celle de Borgu, le 5 octobre 1768, où les armées de France doivent battre en retraite devant les régiments corses. Mais, forte de quelques 20000 soldats, les troupes de Louis XV remportent une victoire décisive le 9 mai 1769 à Ponte Novu.
Les troupes corses mises en déroute, Pasquale Paoli, contraint à l’exil, quitte la Corse. Il est reçu par le Grand Duc de Toscane, par l'Empereur d'Autriche, le StadHouder des Pays Bas et accueilli par le roi d’Angleterre le 13 juin 1769. La Corse perd du même coup son indépendance et voit les citoyens de sa démocratie passer au rang de sujets de Louis XV.
La victoire militaire des français et l’exil de Pasquale Paoli ne signifiait pas pour autant que la Corse soit conquise. Les nombreuses insurrections qui éclatent dans l’île sont réprimées.
Paoli s'exile, il quitte la Corse avec 500 ou 600 de ses partisans, il s'embarque à destination de la Grande-Bretagne et est acclamé sur son passage par ses admirateurs, d'Italie en Grande-Bretagne en passant par l'Autriche ou encore les Pays-Bas. Son combat est en effet devenu célèbre à travers l'Europe grâce au récit de voyage du Britannique James Boswell, Account of Corsica.
Enfin, après un exil de vingt ans et loin d'être opposé à la France, il se rallie à la Révolution française, libératrice du peuple et créatrice de la démocratie. Il est accueilli en particulier par Lafayette. Paoli est rappelé en 1790, dans sa patrie, et son voyage de Paris en Corse fut une véritable marche triomphale. Louis XVI le nomme alors lieutenant-général et commandant de l'île. Il débarque le 14 juillet 1790 à Macinaggio pour son retour en Corse, où il est accueilli triomphalement par la population.
Cependant, les relations entre Paoli et la Convention se ternissent, notamment suite à l'échec de l'expédition de Sardaigne. Ne sachant où s'arrêterait la Révolution française, Paoli se rapproche de la Grande-Bretagne pour chasser les Français de Corse et fonder un royaume anglo-corse.
Paoli ne prend ses distances qu'avec la Terreur, qui met sa tête à prix. Le 2 avril 1793, la Convention décrète son arrestation et le déclare « traître à la République française ». En réponse, patriotes corses et députés se réunissent en Consulte générale à Corte le 10 juin 1794 pour l'élever au rang de Babbu di a Patria (« Père de la Patrie »), et les députés jurèrent fidélité au roi d'Angleterre et à la constitution que ce prince avait offerte, et qui établissait un Parlement et un vice-roi. Écarté par les Britanniques du titre de vice-roi, Paoli, mécontent de la conduite que tiennent les Anglais, se retire à Monticello.
Il quitte la Corse avec regret mais résigné et retourne à Londres pour un exil définitif, où il meurt le 5 février 1807 à l'age de 81 ans.
Il laisse, par son testament, une somme importante pour fonder à Corte une université, et à Morosaglia une École primaire supérieure.
Le mythe de Pasquale Paoli, « babbu di a Patria » (« père de la Patrie ») est encore très vivant et présent dans l'île. Ses cendres reposent aujourd'hui dans son village natal de Morosaglia. Son cénotaphe se trouve à l'abbaye de Westminster à Londres.
Honneurs
L'université de Corse qu'il avait fondée durant le généralat, fermée par l'Armée de Louis XV en 1769 et rouverte en 1981, porte son nom.
Aujourd'hui, pas moins de cinq communes américaines portent le nom de Paoli dans la Pennsylvanie, l'Indiana, le Wisconsin, l' Oklahoma et le Colorado.[8]
Enfin en 2003, un des ferrys les plus importants de la SNCM a été baptisé du nom de Pascal Paoli.
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