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Vendredi 25 Avril 2008



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Le Casabianca
 
L'épopée du Casabianca constitue l'une des plus belles pages écrites par les combattants de la France Libre.

L'aventure du "Casa" est aussi celle d'un homme remarquable, respecté en tant qu'officier et adulé en tant qu' homme : le commandant Jean L'Herminier. Refusant le sabordage ou la capture, Il conduira son équipage hors des nasses du port de Toulon et participera à la reconquête de la Corse. Cet homme n'a jamais admis l'armistice et la collaboration qui salissaient son pays.

Suite à l'armistice de juin 1940, après avoir louvoyé en Mer du Nord et au large des côtes Norvégiennes, le Casabianca est désarmé en 1941. Placé sous le contrôle d'une commission germano-italienne, le "Casa" survit pourtant en potentiel limité, désarmé, dépouillé de ses équipements de submersion, de transmission radio. Le sous-marin n'est plus que l'ombre de ce qui fut l'un des tous meilleurs submersibles de la fin des années 30. Mais le pacha ne désarme pas. Grâce à d'habiles stratagèmes et avec la complicité de son équipage dont il ne tarde guère à devenir le leader incontesté, il parviendra à réarmer son bâtiment et à conserver à bord 85 M3 de combustible.

Le 27 novembre 1942, les SS ayant envahi Toulon, le Casabianca quitte donc la rade avec à son bord un équipage incomplet. Les filets anti-intrusion obstruant la sortie du port s'ouvrent , le "Casa" file à plein régime vers son destin.

Le "Casa" ne sera plus rattrapé, malgré le feu ennemi. Il ne prendra pas la route d'Alger aussitôt, le commandant l'Herminier décidant de mouiller au large de Toulon, dans le but de venir en aide aux autres bâtiments Français qui auraient éventuellement pu s'échapper de la nasse et le cas échéant, engager le combat. Personne ne rejoindra le sous-marin et le 28 novembre, le Casabianca fait route plein sud. Il atteint Alger sain et sauf, mais n'ayant pu s'identifier, se heurte aux patrouilleurs Anglais, qui menacent de l'envoyer par le fond. L'équipage ne devra son salut qu'à un message en morse envoyé grâce au projecteur situé à l'avant du submersible : "Casabianca. Sous marin Français. Casabianca". Finalement, les alliés réservent un accueil triomphal au sous-marin et à son équipage.

Ainsi commence donc une aventure qui le conduira 18 mois plus tard, le 6 juin 1944, sur le sable de Sword beach lors du débarquement de Normandie. Avant cela, le sous-marin va participer à plusieurs missions d'importance. Elles ont trait au renseignement sur les côtes de Provence et la Corse. Il s'agit de maintenir le contact entre l'Afrique du Nord et la France occupée, de déposer et recueillir des agents sur les côtes Françaises, de ravitailler la resistance en équipements de radio, de transporter et remettre de l'armement à destination des mouvements combattants. La première mission est confiée au commandant L'Herminier le 10 décembre 1942. Dans la nuit du 13 au 14 du même mois, 4 agents de renseignement sont débarqués dans la baie de Chioni ainsi qu'un poste emetteur Anglais, destiné à établir la liaison entre l'ile de beauté et Alger. Le 4 février 1943, la seconde mission du Casa l'emmène vers les côtes Françaises ; il émmerge à la Roche Escudier, en Provence ou il débarque une équipe de renseignement composée du Cne Guillot, du Lt Guillaume, et M. Brown, attaché au consulat Américain d'Alger. Le submersible fait ensuite route vers la Corse où il débarque en baie d'Arone une autre équipe de renseignement. Puis, le 7 février retour à ce même endroit pour y débarquer 60.000 cartouches et 450 armes automatiques destinés à la resistance Corse.

Le 2 juillet 1943, le Casabianca conduit le commandant Colonna d'Istria dit Césari, sur la plage de Saleccia. L'homme est chef des organisation de combat insulaires. Dans la continuité, 13 tonnes d'armes et de munitions seront acheminées, à destination des maquis corses.

Dans la nuit du 5 au 6 septembre 1943, un débarquement d'armes et de munitions avorte au large du golfe de Porto en raison d'un fusillade sur le rivage. Les embarcations doivent regagner le navire en catastrophe.Ce n'est que partie remise car entre le 31 juillet et le 2 août, le chargement sera finalement livré aux resistants à partir de la plage de Saleccia. Cette fois-ci ce ne sont pas moins de 20 tonnes d'armes et de munitions que le Casa transporte.

Une autre mission du navire consiste à rapatrier à Alger de M. Giovini, second de la resistance Corse. L'opération se déroule sans encombre, malgré la présence proche d'un poste Italien. Le commandant L'Herminier profite de la mission pour débarquer sur l'ile deux agents des services de renseignement, un poste de radio et plusieurs tonnes de munitions.

La dernière mission du sous marin le conduit une nouvelle fois en Corse, où seront acheminés les 109 hommes du bataillon de choc "Gambiez". Les 170 hommes ayant pris place dans le Casabianca constituent un record pour un sous-marin de ce tonnage. Surnommé par les Allemands "le sous-marin fantôme", le bâtiment de la France Libre en a terminé avec les missions "particulières". Cependant, sa carrière ne s'arrêtera pas là car il deviendra patrouilleur et briseur de blocus, le lieutenant de Vaisseau Bellet ayant entre temps succèdé au commandant L'Herminier.

Touché par erreur par un avion britannique en mai 1944, le Casabianca est envoyé en réparation à Philadelphie (Etats-Unis) pour en ressortir en mars 1945. Il sera définitivement désarmé en 1952, après un parcours hors du commun.

LE CASABIANCA
Baptisé ainsi en l'honneur de Luce de Casabianca, né à Vescovato (Corse), héros d'Aboukir qui le 10 août 1795 s'est sabordé, avec son fils âgé de 12 ans, sur son navire L'Orient, pour éviter la capture. Lancé le 2 février 1935 à Saint Nazaire.

Equipage : 5 officiers plus un en opération et 79 hommes
Déplacement en surface : 1500 tonnes
Déplacement en plongée : 2000 tonnes
Longueur : 92,30 m
Hauteur : 8,20 m
Vitesse en surface : 20 noeuds
Vitesse en plongée : 10 noeuds
Rayon d'action : 14.000 milles à 7 noeuds,
10.000 milles à 10 noeuds et 4.000 milles à 17 noeuds
Rayon d'action en plongée : 90 milles à 7 noeuds
Propulsion : 2 moteurs diesels de 9 cylindres de 4.300 cv
2 moteurs electriques Alsthom de 1.200 cv
Armement : 11 tubes lance torpilles
1 canon de 100 mm sur le pont avant,
une mitrailleuse de 13,2 en kiosque
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Jeudi 24 Avril 2008

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Les patriotes corses libèrent l'ile
4 octobre 1943 
Lorsque, le 12 novembre 1942, une escadre apparut devant Bastia, tout le monde s'attendit à voir débarquer des Américains. La déception fut grande pour la foule en délire lorsqu'elle s'apperçut que c'était les troupes italiennes! Les effectifs ne tardèrent pas à atteindre les 80000 hommes, complété par 10000 Allemands, chargés de surveiller leurs alliés peu sûrs.

La réaction des corses fut quasi immédiate et les mouvements de résistance isolés se regroupèrent sous la banière du "Front national", ce dernier lançant, en décembre, un manifeste invitant tous les corses, de toutes les opinions politiques, à s'unir pour chasser l'envahisseur et liquider le régime de Vichy.

A partir du début du mois de décembre 1942, le sous-marin Casabianca allait apporter régulièrement aux patriotes corses ce qui leur manquait le plus. Grâce aux armes reçues, la résistance multipliait les coups de mains et les embuscades, maintenant les italiens dans une inquiétude constante.

Le 8 septembre 1943, Radio-Alger annonce qu'un armistice a été conclu avec l'Italie. Aussitot, en Corse, l'ébullition est à son comble, les cloches sonnent jusque dans les villages de montagne. Les dirigeants du Front national décident de déclencher immédiatement l'insurection, s'étant assuré par ailleurs du ralliement du général italien commandant de l'ile.

Dès le 8 au soir, le comité de libération, s'installe à la préfecture d'Ajaccio ou il contraint le prefet de Vichy à signer l'arrêté proclamant le ralliement de la Corse à la France Libre.

Malgré de courageux combats les patriotes se heurtent à une farouche résistance Allemande.Les insurgés sont contraints de demander, à Alger, L'aide de l'armée.

Le 10 septembre il est décidé que le Casabianca transportera d'abord, en plusieurs voyages, le "bataillon de choc" et que le reste des renforts sera acheminé par des croiseurs.

Dans la journée du 11, le Casabianca débarque à Ajaccio les 109 hommes de la compagnie Manjot. Le 14 septembre, le Fantasque et le Terrible déposent à Ajaccio le reste du bataillon de choc.

Dans la nuit du 16 au 17, à la lueur des incendies de forêts et de maquis que l'aviation allemande a allumés pour débusquer les patriotes, les tirailleurs marocains débarquent à Ajaccio, les allemands reculent et décident de quitter l'ile par Bastia. En passant par la montagne où ils vont se heurter à la détermination allemande, les tirailleurs et les tabors marocains renforcé par des partisants dévaleront sur Bastia non sans difficultés. Le 4 octobre, à 5 heures du matin les forces de libération entrent dans Bastia et y découvrent une ville abandonnée par les Allemands. A 6 heures le pavillon tricolore est hisser sur la façade de l'hôtel de ville.

Ainsi, en 27 jours, la Corse a été libérée, et libérée par des Français. Mais à l'origine de cette victoire, il y eut le patriotisme des Corses, leur soulèvement spontané et leur appel au secours au commandant en chef qui leur répondit sans hésiter.

Le 8 octobre 1943, le général de Gaulle prononce à Ajaccio un vibrant discours disant notamment: "La Corse, que l'héroïsme de sa population et la valeur de nos soldats, de nos marins et de nos aviateurs viennent d'arracher à l'envahisseur, la Corse a la fortune et l'honneur d'être le premier morceau libéré de la France. Pas un jour, la corse n'avait cru à la défaite! Elle n'attendait que l'occasion pour se lever, combattre et vaincre..."

L'année suivante, la Corse sera la grande place d'armes sur laquelle se rassembleront plus de 100000 hommes, alliés, pour le débarquement de Provence, elle sera surnomée par les Américains "USS Corsica".

Pas un seul juif n'a été déporté de Corse durant son occupation et de nombreux juifs du sud de la France y ont d'ailleurs trouvé un refuge sûr. Les italiens ont bien interné quelques juifs de Bastia au village d'Asco à l'été 1943, mais c'était plus pour les protéger des allemands qu'autre chose, les libérant dès le 9 septembre 1943, au lendemain de l'armistice.

(en médaillon, l'un des premiers insignes des résistants corses)
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Armoiries de la Corse
 
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Le forgeron
U stazzuneru 
De tous les métiers pratiqués en castagniccia, celui de forgeron figure parmis les incontournables; allant même jusqu'à donner son nom à un village: Stazzona.

Personnage de l'ancienne société Corse, le forgeron occupait une place déterminante dans les villages d'autrefois. Mais contrairement à ce que l'on pourrait croire, son savoir faire ne se limitait pas à la seule maitrise du métal.

Dentiste, il utilisait ses pinces pour arracher les dents gâtées, et parfois médecin, il pratiquait des pointes de feu pour soulager les sciatiques et les névralgies. L'eau dans laquelle il trempait le fer etait utilisée pour soigner les inflammations des yeux et parce qu'il connaîssait bien les bêtes, on fesait souvent appel à lui comme vétérinaire.

Il etait maréchal-ferrant bien sûr. Il forgeait des fers pour les chevaux, pour les mulets et pour les ânes. De même, il forgeait les clous.Il procèdait au cerclage des roues de charrette. Il forgeait évidemment tous les outils nécessaires aux travaux des champs jusqu'aux socs de charrue, de même que tous les ustensiles en métal destinés à la cuisine sortent de son atelier. Il etait aussi serrurier : c'etait lui qui fabriquait tous les systèmes de blocage des portes.

Dans le système économique d'alors, le forgeron n'etait pas un simple artisan : il etait souvent le salarié de la communauté villageoise. Le forgeron etait engagé à l'année et en échange de son travail reçevait un paiement en nature (en grains, en légumes, en bois, en viande...). Choisi par les villageois, ce dernier s'engageait à forger et à entretenir le soc des araires, les haches, les pioches, les pelles et autres instruments agricoles. Il devait ferrer les chevaux et réparer les éléments mécaniques des moulins.

Le minerai de fer etait transformé dans des fours alimentés avec du charbon de bois. Le processus de réduction de l'acier etait un travail long et délicat. C'est pourquoi le forgeron mettait de côté tous les morceaux de métal usagé, afin de pouvoir les réutiliser.

Concurrencé par les produits manufacturés (clous, outils et ustensiles divers) vendus à plus bas prix par les colporteurs, le forgeron dut s'adapter et économiser chaque morceau de "ferraille" dont il se servait pour fabriquer tout ce dont les villageois avaient encore besoin. Mais les produits manufacturés acheminés depuis la Terre Ferme, devenus plus nombreux, plus accessibles et moins chers rendront inutiles et dérisoires les productions villageoises.



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Mercredi 23 Avril 2008

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Marie Caviglioli
Le grand amour du bandit Spada 
Marie Caviglioli est la soeur de François Caviglioli, bandit et ami d'enfance de Spada.
Elle est trés belle et Spada en tombe éperdument amoureux. Mais trés vite Marie, lassée par la tyrannie, les accés de colère et la jalousie maladive de son amant, décide de le quitter et s'enfuit à Ajaccio où elle rencontre Jacques Giocondi.
En apprenant cette liaison, Spada commettra l'irréparable en abattant froidement la soeur de Giocondi, agée de 22 ans, et son vieil oncle qu'il avait pris dans l'obscurité, pour Marie Caviglioli et son amant.
Rongé par le remord, Spada se dénoncera par courrier au procureur de la république mais Marie et son nouvel amour devront se réfugier dans le cortenais pour échapper au bandit.
Spada continuera sa sombre carrière et mourra à moitié fou guillotiné, à Bastia.


En encadré Spada et son célèbre crucifix.
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Les bandits corses
Les rois du palais vert 
Le terme "bandits corses" désigne ceux qui les siècles précédents, jusque dans les années 30 , prirent le maquis, à la suite d'un meurtre, pour échapper aux gendarmes mais aussi aux vengeances des familles de leurs victimes.
Si des Corses prenaient le maquis, ce n'était pas pour le plaisir, mais par obligation.
Prendre le maquis, ne s'improvisait pas. Il fallait être doté de capacités physiques et mentales exceptionnelles. Cela consistait en la pratique individuelle des méthodes de la résistance armée : la mobilité, la parfaite connaissance du terrain et de l'ennemi, des réseaux de ravitailleurs et d'indicateurs. Seuls, ou à la tête de petits groupes, ils étaient ravitaillés par le clan familial de chacun. Ils devaient être en permanence sur leur garde et se méfier, non seulement des guet-apens suceptibles d'être tendus par les gendarmes, mais plus encore, de ceux des familles des victimes. Ils étaient également à la merci de trahisons familiales. Certains, n'ont pu tenir que quelques jours dans le maquis, d'autres, 5, 10, 20, 30, voire plus rarement 40 ans, comme Antoine Bonelli.
Les bandits dormaient le plus souvent dans des grottes et dans des bergeries isolées . Ils bénéficiaient parfois de l'hospitalité de bergers.
S'il leur arrivait de faire bombance dans le maquis et d'aller retrouver leurs maîtresses au village beaucoup n'hésitait pas à se payer l'audace, parfois, d'aller diner dans des grands restaurants d'Ajaccio ou de Bastia... Les bandits prenaient en particulier un grand plaisir à prélever des impôts chez les riches, à leur adresser des sommations de payer, et a tendre des embuscades contre leurs ennemis et les gendarmes. En général, ils ne manquaient jamais d'humour.
En 1931, il restait encore une cinquantaine de bandits dans le maquis... La France dépécha dans l'île un corps expéditionnaire composé de 500 gendarmes, les voltigeurs, pour les arrêter ou les abattre...
Des bandits furent abattus au cours d'opérations de ratissage, d'autres, se rendirent les uns après les autres aux gendarmes.
En 1934, le maquis avait été officiellement nettoyé de ses bandits.
Plus encore que les ratissages opérées par le corps expéditionnaire de la gendarmerie envoyé en Corse en 1931, ce sont la désertification des villages coupant l'approvisionnement des bandits, les changements des mentalités au contact des Français et de leurs institutions, qui auront été fatales aux bandits.


LES PLUS CELEBRES DES DERNIERS "BANDITS" CORSES


-Théodore Poli de Guagno, né en 1799, pris le maquis en 1824. A la tête de quelques dizaines d'hommes, il fonde"la République des bandits." Le 5 Février 1827, il est abattu par des voltigeurs.

- Caettano Rognoni de Venaco. Admirateur de Théodore Poli auquel il avait exprimé la vocation de devenir bandit.
Lors de sa première mission, il est tué par les gardes du corps d'un avocat de Corte, qu'il était venu abattre.


- Antoine Bonelli, de Bocognano, né en 1828. Au maquis de 1848 à 1888. Il se rend en 1892. Déclaré non coupable, il rentre au village où il devint marguillier .


- Jacques Bonelli, frère du précédent, de Bocognano, né en 1833, décédé d'une congestion pulmonaire dans le maquis.


- Mathieu Poli, de Balogna, né le 8 Novembre 1875, abattu par les gendarmes, le 14 Août 1903.


- Ambroise Sanguinetti, de Venzolasca tué par les gendarmes.


- Paoli,de Venzolasca, parent et ennemi du précédant. Ces deux familles qui comptèrent plusieurs bandits dans le maquis sont à l'origine de terribles vendetta qui endeuillèrent le village dans les années 1880.


- François Caviglioli, de Lopigna, né en 1898, au maquis depuis 1927, abattu d'une rafale de fusil mitrailleur tirée par un gendarme le 2 Novembre 1931.


- Nonce Romanetti, de Calcatoggio, né en 1884, autoproclamé "Roi du maquis". Il pris le maquis en 1913 et fut tué par les gendarmes le 25 Avril 1926. Il organisait de somptueuses réceptions dans le maquis et cumulait les aventures amoureuses. Il faisait signer un Livre d 'Or à ses invités.5000 personnes assistèrent à ses obsèques.


- Joseph Bartoli, de Palneca, né le 5 Janvier 1902, tué le 6 Novembre 1931, par l'industriel qu'il était venu rançonné.


- André Spada, de Lopigna, né en 1897, dit"le sanglier", prend le maquis en 1922 et est guillotiné le 21 juin 1935, devant la prison de Bastia.



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Lundi 21 Avril 2008

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La tête de More (ou de Maure)
A bandera corsa 
Dès le XIII ème siècle, la tête de More (ou de Maure) figurait sur les étendars et sur les sceaux du roi d'Aragon, Jayme II, elle symbolisait un roi infidèle vaincu, et ce lors des croisades.
Lorsque le pape Boniface VIII lui fait donation de la Corse et de la Sardaigne, le 17 février 1297, les géographes avaient l'habitude de timbrer des quatre têtes de l'Aragon toutes les cartes de ses possessions. Pour distinguer les deux iles voisines, la Corse fut timbrée d'un écu à une seule tête.
Cette tête de More (en fait il s'agit d'une véritable tête de Nègre, mais voulant représenter un Sarrasin) a le front ceint du bandeau qui est signe de commandement et de souveraineté. Sur cette tête définie lors de la consulte de 1762 furent ajoutés le collier de perles et les pendants d'oreilles qui, portés par un homme, sont signe de sauvagerie.
L'origine aragonaise est la seule interprétation historique sérieuse, si ce n'est certaine.
Amateurs de légendes, ne m'en tennez pas rigueur!
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Samedi 19 Avril 2008

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Les Mazzeri
 





Les Mazzeri sont en général des femmes et chassent seul(e)s ou en meutes. En littérature, il est souvent représenté par un animal : un chien, un chat ou un corbeau. Il n'est pas tout à fait de ce monde. Bien qu'il soit une personne physique au même titre que tout le monde, ayant une vie sociale et personnelle, il est considéré par ses pairs comme un être surnaturel en tant qu'il fait lien entre l'au-delà et le monde des vivants. Il ne semble appartenir à aucun des deux mondes, il paraît en être la limite. On reconnait les mazzeri à leur regard : ils ne vous regardent pas, mais regardent à travers vous. Ils excellent à s'insinuer dans vos bonnes grâces et essayent de gagner votre amitié. Mais l'intimité avec eux est dangereuse, car ils vous attirent vers leur royaume des ténèbres et de la mort. On dit que le mazzeru choisi devient absent, rêveur, qu'il aime la solitude et a des visions prophétiques. Il garde cet état dépressif et cette tristesse, sans doute parce qu'il a conscience d'être un instrument involontaire de la mort. Dans la vie courante, les mazzeri sont des êtres pacifiques.


La chasse et la prédiction
Leur arme préférée est un lourd bâton, un gourdin (« mazza »), mais ils utilisent aussi le fusil, la lance, la hache, le poignard, le couteau et les pierres.

Parce qu'il est au seuil de deux mondes, des religions, il appartient aux espaces frontaliers et aux lieux les plus sauvages, aux cols les plus désolés, aux gués, aux rivières. Ces croisements sont ses lieux de prédilections. La chasse se déroule en embuscade et suit le même schéma que la chasse traditionnelle, près des points d'eau, en des lieux incultes, sauvages et impénétrables. Les cours d'eaux marquent la limite d'un monde à l'autre. L'eau est aussi un lieu de prédilection des esprits, des morts qui n'ont pas expiés leurs péchés ; ces esprits sont en relation avec les mazzeris. Parfois ils chassent aussi dans les rues.

Une fois la bête tuée, il la retourne sur le dos et c'est alors qu'il voit se métamorphoser la tête d'un animal en visage d'une personne qu'il connaît et qui appartient à son espace social. La personne reconnue mourra infailliblement dans les trois jours à un an qui suit. Il peut ne faire que blesser un animal et la personne aura un accident ou tombera malade. Ce sont les mêmes parties du corps qui sont affectées. Sa fonction peut ainsi se révéler bénéfique : il peut agir sur le déroulement des choses et en changer le cours en faveur de l'individu qu'il reconnaîtra.


La chasse onirique
La période de chasse se déroule pendant les rêves. Le plus souvent, cela se passe près de chez elle, dans des paysages reconnaissables. La distinction entre rêves et réalité n'est pas aisée. Certains mazzeri sortent vraiment la nuit. D'autres ne sortent que pendant les rêves. Il y a alors une sorte de dédoublement de la personnalité. Difficile de savoir si ce sont les mazzeris qui rêvent ou les témoins qui prétendent les avoir vu dans leur activité, alors que les mazzeris ne se rappellent pas avoir révés ou être sorti la nuit.

L'explication des mazzeri : c'est leur âme ou esprit qui sort. L'esprit pendant la chasse, rencontre celui de sa victime qui a pris forme animale. Quand il tue l'animal, il sépare l'esprit du corps, le corps pouvant survivre quelque temps, mais cette survie n'est qu'un susrsis.

Certains mazzeri racontent qu'ils vivent leurs rêves comme s'ils leur étaient imposés par une force supérieure, leurs actes échappant au contrôle de leur volonté. Ils ne peuvent même pas choisir leurs victimes. Toutes les personnes appelées à chasser en rêve ne réagissent pas de la même façon. Certains le font à contrecoeur, sous la contrainte et la culpabilité, d'autres s'en réjouissent. Pour certains, la chasse devient une véritable drogue, une dépendance, exerçant une fascination sinistre.


La Mandrache
Les mazzeri d'un même village ne sont pas hostiles entre eux, à la différence d'avec ceux des autres villages. La Mandrache est une bataille (« fantômes ») entre les mazzeri de deux villages. Ils ont lieu habituellement sur un col. Cela se passe la nuit du 31 juillet au 1er août, groupé en milices, affrontant ceux de la communauté voisine. Cette guerre se fait à l'aide d'asphodèles. L'enjeu de cette guerre végétale détermine le taux de mortalité de l'année à venir, dans chacune des communautés. Chez les vainqueurs, la mortalité sera faible; chez les vaincus, forte.


Transmission du don et guérison
Pour devenir mazzeru, il faut avoir un don psychique, dont l'origine est mystérieuse, et être initié, le plus souvent par un membre de la famille puisqu'il se transmet généralement de façon héréditaire. La vocation est obligatoire, on ne peut s'y soustraire. Tout au plus, l'initiateur peut faire en sorte que son nouveau confrère ne soit pas « mezzeru acciaccatore », c'est-à-dire tueur. Dans ce cas, il sera « mazzeru » tout court, c'est-à-dire « salvatore », sauveurs d'âmes et comparable en cela au chaman blanc ou au sorcier blanc de France, qui sont des guérisseurs.

Le mazzeru, pour Roccu Multedo, paraît être à la fois sacrificateur, psychopompe et guérisseur. L'animal chassé représente l'âme d'un malade qui s'ignore, que le mazzeru ne connaît pas encore, âme qui vient de quitter son corps. Ce départ de l'âme est justement la cause de la maladie. Le mazzeru sacrificateur poursuit l'animal et le tue afin de l'offrir à Dieu, et d'obtenir ainsi la guérison du malade. Il va s'agir ensuite pour le mazzeru guérisseur d'essayer d'arréter l'hémorragie, de faire en sorte que le sang coagule et de faciliter au malade, ainsi privé de son âme, la périlleuse traversée du pont ou du gué qui constitue la frontière par excellence entre les deux mondes et ce, malgré les « mazzeri-acciaccatori » (tueurs) qui vont tout faire pour l'en empêcher.
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Vendredi 18 Avril 2008

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souvent conquise, jamais soumise!
 
Une île très occupée

Peuplée dès le néolithique avant J. -C., la Corse est entrée dans l’histoire sous le nom de Kyrnos et le surnom de « Kallisté » ( « la plus belle » ). Cette ile a accueilli tour à tour les Torréns, les Ibères, les Celto-Ligures, les Grecs, les Etrusques, les Phéniciens, les Phocéens et les Carthaginois.

Les Romains colonisèrent l’île durant sept siècles. Ce qui laissa largement le temps à Rome de distribuer des terres à ses vétérans Bataves, Gaulois ou Germains. A leur contact, les Corses se mirent à parler l’argot bas-latin.

Au V° siècle de notre ère, les Vandales saccagèrent l’île pendant une centaine d’années et importèrent dans la plaine orientale l’anophèle, un moustique porteur du paludisme. Une implantation d’une trentaine d’années suffit aux Lombards pour codifier la « dette du sang » ou « vendetta ».

Les Sarrasins n’occupèrent pas cette île catholique, mais ils y firent de nombreuses incursions, chaque fois si brèves que les Corses ne surent jamais distinguer les Barbaresques des Berbères, ni les Arabes des Maures. De nos jours, cette confusion persiste.

Au XI° siècle, la Rome pontificale chargea les Pisans d’administrer la Corse, mais leur demanda d’attendre l’arrivée des Génois pour se lancer dans des travaux de construction. Grands bâtisseurs, les Ligures s’installèrent sur l’île du XII° au XVIII° siècle et léguèrent à la postérité les célèbres tours et ponts.

Les Corse débutèrent en 1729 la grande révolte de l’indépendance. Vingt-six ans plus tard, Pascal Paoli fut proclamé chef de la nation par le peuple corse. Révolutionnaire avant l’heure, Paoli n'aura de cesse de relancer l’économie de son île, d’imaginer l’université de Corte, de donner le droit de vote aux femmes, de décréter la séparation des pouvoirs, de rendre l’enseignement obligatoire et de lancer le fameux slogan « les hommes naissent libres et égaux en droits ». Il donna à la Corse une constitution républicaine qui aurait inspiré celle des Etats-Unis.

En 1762, la Corse est pratiquement libre.

Afin de ne pas perdre la Corse, à laquelle elle tenait beaucoup, Gênes, comme elle l’avait déjà fait dans le passé, loua les services militaires de la France qu’elle rétribua en 1768 par la cession de l’île.

La Révolution institua le français comme langue obligatoire sur l’île. En 1790, la Corse devient un département français.

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les gardes corses
 
Des gardes corses pour le Vatican.
Nul n'ignore la présence des gardes suisses au Vatican, ceux-ci ont pour mission historique de protéger le Saint Père ; mais combien savent que cette protection n'a pas toujours été assurée par cette garde helvétique ?

En effet, la garde du Vatican a été pendant une longue période assurée par des corses. Cette présence corse au lieu même le plus saint de la chrétienté prouvant, entre autres, la relation étroite entre la Corse et cette religion.

La Corse et les papes :
La Corse entretient de longue date des relations avec la papauté, cela remonte même au premier millénaire après Jésus Christ alors que la Corse était placée sous la domination des papes.

La Corse : terra vaticana.

Au cours du VIIIe siècle après JC, l'île de beauté a fait les frais d'une lutte de pouvoir entre les francs et les lombards, la victoire des premiers conduira a ce que la Corse soit "donnée" au Saint-Siège.

Ce don fait par Pépin le bref en l'an 754, sera réitéré 20 ans plus tard par son fils, Charlemagne.

Cette propriété sera toutefois plus légale que factuelle puisque par la suite se seront Pise et Gênes qui présideront aux destinées de la corse et de ses habitants.


Les gardes corses du Pape :
Il y a très peu de sources sur l'origine de la présence d'une garde corse pour assurer la sécurité du pape, ce qui est plus connu est la raison de son départ (puisque celui ci aura lieu durant une période de prééminence de l'écrit sur la transmission orale) nous pouvons toutefois avancer que c'est en 1378 lors de l'installation définitive du Saint-Siège à Rome que le Pape choisira la garde (sélectionnant ses membres parmi la population des territoires dont il était le propriétaire, et donc des corses).

La fin de la garde corse :
La disparition de ce corps chargé de la protection du Pape sera entérinée à la moitié du XVIIe siècle consécutivement à un désaccord entre le Pape Alexandre VII et le Roi de France Louis XIV, désaccord qui avait failli dégénérer en conflit armé.

L'affaire remonte si l'on en croit certains historiens à l'arrestation d'un malfrat par les gardes corses (sur ordre du Nonce Fabio Chigi, neveu du pape) dans les domaines du cardinal d'Este. Ce dernier courroucé fit appel a des ministres étrangers aux fins d'arbitrage.

Louis XIV qui s'opposait alors au pape sur la question des quartiers d'ambassade, et donc désireux d'affermir sa position, y répondit prestement. Il dépêcha Charles III, duc de Créquy, en tant qu'ambassadeur extraordinaire à Rome accompagné de plusieurs soldats.

La situation dégénéra alors que les soldats du duc passèrent à tabac et injurièrent deux gardes corses dans un cabaret romain, bien sur une sanction fut prononcée à l'encontre des auteurs de l'outrage mais elle ne fut pas du goût de Fabio Chigi, et encore moins à celui des gardes corses.

Ces derniers se rendirent sous les fenêtres de l'ambassadeur de France, place Farnèse quartier du Corso, afin de manifester leur mécontentement et aux échanges de noms d'oiseaux entre les parties succédèrent bientôt les coups de feu.

Malencontreusement les gardes corses dirigèrent le feu de leurs armes en direction du carrosse du Duc de Créquy et atteignirent mortellement un de ses pages.

Louis XIV ne manqua pas d'exploiter ce malheur et exigea immédiatement des sanctions exemplaires et une réparation. Alexandre VII refusa et en appela à l'arbitrage espagnol.

Pour peser sur les négociations, Louis XIV décida de réunifier les états d'Avignon (qui étaient alors sous domination papale, avignon était l'ancien siège de la papauté) à sa couronne et le pape dû céder.

Il envoya donc à la cour du roi de France le Cardinal Chigi présenter excuses et compliments, il accepta de dissoudre la garde corse et d'envoyer une partie de ses membres en galère et enfin de régler une somme d'argent pour dédommager le décès du page.

Louis XIV obtint également l'édification, en 1664 dans la grande cour du Vatican, d'une pyramide d'infamie dédiée au peuple corse qualifié de nation toujours infâme, odieuse aux peuples et désormais indigne de servir les rois.

Cette Pyramide de marbre noir ne fut détruite que 4 ans plus tard sur ordre du pape Clément IX qui la considérait comme une infamie inacceptable faite à l' égard des corses.

Du souvenir de cette histoire ne subsiste plus qu'une tapisserie exposée au château de Fontainebleau et une plaque de bronze au musée du Louvre.

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