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Les patriotes corses libèrent l'ile
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4 octobre 1943
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Lorsque, le 12 novembre 1942, une escadre apparut devant Bastia, tout le monde s'attendit à voir débarquer des Américains. La déception fut grande pour la foule en délire lorsqu'elle s'apperçut que c'était les troupes italiennes! Les effectifs ne tardèrent pas à atteindre les 80000 hommes, complété par 10000 Allemands, chargés de surveiller leurs alliés peu sûrs.
La réaction des corses fut quasi immédiate et les mouvements de résistance isolés se regroupèrent sous la banière du "Front national", ce dernier lançant, en décembre, un manifeste invitant tous les corses, de toutes les opinions politiques, à s'unir pour chasser l'envahisseur et liquider le régime de Vichy.
A partir du début du mois de décembre 1942, le sous-marin Casabianca allait apporter régulièrement aux patriotes corses ce qui leur manquait le plus. Grâce aux armes reçues, la résistance multipliait les coups de mains et les embuscades, maintenant les italiens dans une inquiétude constante.
Le 8 septembre 1943, Radio-Alger annonce qu'un armistice a été conclu avec l'Italie. Aussitot, en Corse, l'ébullition est à son comble, les cloches sonnent jusque dans les villages de montagne. Les dirigeants du Front national décident de déclencher immédiatement l'insurection, s'étant assuré par ailleurs du ralliement du général italien commandant de l'ile.
Dès le 8 au soir, le comité de libération, s'installe à la préfecture d'Ajaccio ou il contraint le prefet de Vichy à signer l'arrêté proclamant le ralliement de la Corse à la France Libre.
Malgré de courageux combats les patriotes se heurtent à une farouche résistance Allemande.Les insurgés sont contraints de demander, à Alger, L'aide de l'armée.
Le 10 septembre il est décidé que le Casabianca transportera d'abord, en plusieurs voyages, le "bataillon de choc" et que le reste des renforts sera acheminé par des croiseurs.
Dans la journée du 11, le Casabianca débarque à Ajaccio les 109 hommes de la compagnie Manjot. Le 14 septembre, le Fantasque et le Terrible déposent à Ajaccio le reste du bataillon de choc.
Dans la nuit du 16 au 17, à la lueur des incendies de forêts et de maquis que l'aviation allemande a allumés pour débusquer les patriotes, les tirailleurs marocains débarquent à Ajaccio, les allemands reculent et décident de quitter l'ile par Bastia. En passant par la montagne où ils vont se heurter à la détermination allemande, les tirailleurs et les tabors marocains renforcé par des partisants dévaleront sur Bastia non sans difficultés. Le 4 octobre, à 5 heures du matin les forces de libération entrent dans Bastia et y découvrent une ville abandonnée par les Allemands. A 6 heures le pavillon tricolore est hisser sur la façade de l'hôtel de ville.
Ainsi, en 27 jours, la Corse a été libérée, et libérée par des Français. Mais à l'origine de cette victoire, il y eut le patriotisme des Corses, leur soulèvement spontané et leur appel au secours au commandant en chef qui leur répondit sans hésiter.
Le 8 octobre 1943, le général de Gaulle prononce à Ajaccio un vibrant discours disant notamment: "La Corse, que l'héroïsme de sa population et la valeur de nos soldats, de nos marins et de nos aviateurs viennent d'arracher à l'envahisseur, la Corse a la fortune et l'honneur d'être le premier morceau libéré de la France. Pas un jour, la corse n'avait cru à la défaite! Elle n'attendait que l'occasion pour se lever, combattre et vaincre..."
L'année suivante, la Corse sera la grande place d'armes sur laquelle se rassembleront plus de 100000 hommes, alliés, pour le débarquement de Provence, elle sera surnomée par les Américains "USS Corsica".
Pas un seul juif n'a été déporté de Corse durant son occupation et de nombreux juifs du sud de la France y ont d'ailleurs trouvé un refuge sûr. Les italiens ont bien interné quelques juifs de Bastia au village d'Asco à l'été 1943, mais c'était plus pour les protéger des allemands qu'autre chose, les libérant dès le 9 septembre 1943, au lendemain de l'armistice.
(en médaillon, l'un des premiers insignes des résistants corses) |
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