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Les bandits corses
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Les rois du palais vert
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Le terme "bandits corses" désigne ceux qui les siècles précédents, jusque dans les années 30 , prirent le maquis, à la suite d'un meurtre, pour échapper aux gendarmes mais aussi aux vengeances des familles de leurs victimes.
Si des Corses prenaient le maquis, ce n'était pas pour le plaisir, mais par obligation.
Prendre le maquis, ne s'improvisait pas. Il fallait être doté de capacités physiques et mentales exceptionnelles. Cela consistait en la pratique individuelle des méthodes de la résistance armée : la mobilité, la parfaite connaissance du terrain et de l'ennemi, des réseaux de ravitailleurs et d'indicateurs. Seuls, ou à la tête de petits groupes, ils étaient ravitaillés par le clan familial de chacun. Ils devaient être en permanence sur leur garde et se méfier, non seulement des guet-apens suceptibles d'être tendus par les gendarmes, mais plus encore, de ceux des familles des victimes. Ils étaient également à la merci de trahisons familiales. Certains, n'ont pu tenir que quelques jours dans le maquis, d'autres, 5, 10, 20, 30, voire plus rarement 40 ans, comme Antoine Bonelli.
Les bandits dormaient le plus souvent dans des grottes et dans des bergeries isolées . Ils bénéficiaient parfois de l'hospitalité de bergers.
S'il leur arrivait de faire bombance dans le maquis et d'aller retrouver leurs maîtresses au village beaucoup n'hésitait pas à se payer l'audace, parfois, d'aller diner dans des grands restaurants d'Ajaccio ou de Bastia... Les bandits prenaient en particulier un grand plaisir à prélever des impôts chez les riches, à leur adresser des sommations de payer, et a tendre des embuscades contre leurs ennemis et les gendarmes. En général, ils ne manquaient jamais d'humour.
En 1931, il restait encore une cinquantaine de bandits dans le maquis... La France dépécha dans l'île un corps expéditionnaire composé de 500 gendarmes, les voltigeurs, pour les arrêter ou les abattre...
Des bandits furent abattus au cours d'opérations de ratissage, d'autres, se rendirent les uns après les autres aux gendarmes.
En 1934, le maquis avait été officiellement nettoyé de ses bandits.
Plus encore que les ratissages opérées par le corps expéditionnaire de la gendarmerie envoyé en Corse en 1931, ce sont la désertification des villages coupant l'approvisionnement des bandits, les changements des mentalités au contact des Français et de leurs institutions, qui auront été fatales aux bandits.
LES PLUS CELEBRES DES DERNIERS "BANDITS" CORSES
-Théodore Poli de Guagno, né en 1799, pris le maquis en 1824. A la tête de quelques dizaines d'hommes, il fonde"la République des bandits." Le 5 Février 1827, il est abattu par des voltigeurs.
- Caettano Rognoni de Venaco. Admirateur de Théodore Poli auquel il avait exprimé la vocation de devenir bandit.
Lors de sa première mission, il est tué par les gardes du corps d'un avocat de Corte, qu'il était venu abattre.
- Antoine Bonelli, de Bocognano, né en 1828. Au maquis de 1848 à 1888. Il se rend en 1892. Déclaré non coupable, il rentre au village où il devint marguillier .
- Jacques Bonelli, frère du précédent, de Bocognano, né en 1833, décédé d'une congestion pulmonaire dans le maquis.
- Mathieu Poli, de Balogna, né le 8 Novembre 1875, abattu par les gendarmes, le 14 Août 1903.
- Ambroise Sanguinetti, de Venzolasca tué par les gendarmes.
- Paoli,de Venzolasca, parent et ennemi du précédant. Ces deux familles qui comptèrent plusieurs bandits dans le maquis sont à l'origine de terribles vendetta qui endeuillèrent le village dans les années 1880.
- François Caviglioli, de Lopigna, né en 1898, au maquis depuis 1927, abattu d'une rafale de fusil mitrailleur tirée par un gendarme le 2 Novembre 1931.
- Nonce Romanetti, de Calcatoggio, né en 1884, autoproclamé "Roi du maquis". Il pris le maquis en 1913 et fut tué par les gendarmes le 25 Avril 1926. Il organisait de somptueuses réceptions dans le maquis et cumulait les aventures amoureuses. Il faisait signer un Livre d 'Or à ses invités.5000 personnes assistèrent à ses obsèques.
- Joseph Bartoli, de Palneca, né le 5 Janvier 1902, tué le 6 Novembre 1931, par l'industriel qu'il était venu rançonné.
- André Spada, de Lopigna, né en 1897, dit"le sanglier", prend le maquis en 1922 et est guillotiné le 21 juin 1935, devant la prison de Bastia.
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