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L'âne corse
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U sumère
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En Grèce, le roi de Phrygie, l'illustre Midas, se retrouva paré d'oreilles d'âne, lui qui avait préféré les sons de la flûte de Pan à l'harmonie créée par Apollon sur sa cithare.
L'âne sait, lui, discerner les sons divins... Tel celui de Balaam, il peut aussi voir les anges et "entendre" leur langage. Avec le bœuf, il assiste à la naissance de l'Enfant Jésus. C'est lui qui sera le moyen de transport du "Fils de Dieu" sur la terre : en Egypte où il sera caché. A Jérusalem, où il mourra pour ressuciter, le jour de la fête des Rameaux, Jésus arrive dans la ville sainte sur le dos d'un animal qui "a des oreilles pour entendre". Longtemps, le fameux bonnet d'âne coiffa celui qui, justement, ne savait pas écouter. Il était posé non pour humilier, mais pour que celui qui le porte apprenne enfin à "entendre".
On pense que la domestication de l'animal a commencé au cours du IVe millénaire avant Jésus-Christ.
Plus de mille ans plus tard, l'âne a conquis une place importante dans la brillante civilisation de Mari, un royaume sumérien établi le long de l'Euphrate. Ânes de Sumer, de Babylone, ânes nubiens, égyptiens ou de jérusalem, c'est dans le vieux monde méditerranéen que les relations avec les hommes ont été établies. Puis des rives orientales de la Grande Mer, au rythme des convois et des caravanes commerciales, l'expansion de cet équidé bien singulier a gagné l'Europe entière.Des fouilles archéologiques ont montré que les premiers ânes de Corse correspondaient au type "Equus asinus africanus", une souche provenant d'Afrique et qui a longtemps été majoritaire au sein de la population asine insulaire. À la fois source de revenus, animal de bât et symbole, l'âne a toujours été omniprésent en Corse, mais l'île ne compte plus aujourd'hui qu'un millier de têtes.
Les ânes furent dans toutes les "Pieve", ou micro-régions insulaires, de braves compagnons de transhumance pour les bergers, de vaillants porteurs d'eau, des aides précieux pour les cultivateurs et les oléiculteurs.
D'une grande résistance et sachant se contenter, pour leurs besoins alimentaires, de ce qu'ils trouvent dans la nature, les ânes ont joué un grand rôle dans l'île.
Au XVIIe siècle, l'âne corse est gris, parfois noir, et mesure en moyenne 0,98 m au garrot, dès cette époque, les éleveurs ont cherché à augmenter son format en important des baudets italiens des Pouilles, de Sardaigne ou de France continentale.
Dans les années 30, on recense jusqu'à plus de 20 000 individus. De grands troupeaux paissent dans le Cortenais, la Castagniccia, le Fiumorbu. Jusqu'au début des années 1950 l'âne va faire les frais du developpement florissant du commerce de viande à destination des charcuteries italiennes ou niçoises.
Mais en en 1970, on ne compte plus que 3 000 bêtes. La Corse reste pourtant le second département français "asin", après la Manche et avant le Cantal.
Dans les années 1980, une estimation annonce seulement 1 800 individus. De nos jours la population actuelle compte près de 1 000 têtes, mais il semble que grace à l'action d'associations trés actives son avenir soit un peu plus serein.
La morphologie générale a changé et la taille moyenne au garrot est passée de 1,20 m à 1,30 m. Il y a de nombreux ânes noirs, mais le "petit gris" de Corse est toujours là...
Le pied sûr, l'âne peut transporter de lourdes charges sur des chemins pentus et délicats, c'est encore l'animal de bât par excellence.
Même aujourd'hui, il n'est pas rare de voir des hommes se déplacer sur le dos de leur âne.
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