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Le RADON en CORSE
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Le radon est un gaz radioactif naturel responsable de 9% des décès annuels par cancer du poumon en Europe. Ce cancérigène tue des mineurs depuis des siècles. Or il est également présent dans nos habitations, où, même à faibles doses, il se révèle particulièrement dangereux.
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Quatre campagnes de mesures étalées sur plusieurs années ont été réalisées par les services santé et environnement de la Direction de la solidarité et de la santé de la Corse et de la Corse du Sud et de la direction des Affaires sanitaires et sociales de Haute Corse, dans les habitations, les lieux publics et les locaux d'enseignement. Elles ont permis de mieux évaluer ce risque dans notre région.
Qu'est-ce que le radon?
L'écorce terrestre contient en quantités variables, des éléments radiactifs comme l'uranium. Ce sont des éléments instables qui se désintègrent pour donner naissance à de nouveaux corps radioactifs comme le radon et à des rayonnements.
La désintégration du radon donne naissance à des éléments également radioactifs puis à du plomb non radioactif.
Le radon est un gaz noble. Il ne réagit pas avec les autres éléments chimiques. Il est inodore et incolore. C'est le gaz le plus dense connu (huit fois plus que l'air).
A partir du sol, le radon diffuse dans l'air.
En atmosphère libre, il est rapidement dilué dans les courants aériens et sa concentration est faible.
Dans une atmosphère plus confinée, comme à l'intérieur des bâtiments ou des caves, le radon peut s'accumuler et atteindre des concentrations élevées.
ETUDE
Cancer du poumon : le radon
cause de 5% à 12% des décès
Une étude révèle les effets de l'exposition domestique à ce gaz inodore issu de la désintégration de l'uranium présent dans la croûte terrestre. La Bretagne et la Corse sont particulièrement concernées.
L'exposition domestique au radon serait à l'origine de 5% à 12% des décès par cancer du poumon en France, selon une étude du Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH). Soit pour l'année 1999, de 1.234 à 2.913 des 25.134 décès par cancer du poumon survenus en France métropolitaine, selon les recherches de Olivier Catelinois et son équipe.
"Mesures préventives et actions correctives"
Minimiser le risque de cancer du poumon lié à l'exposition au radon, gaz radioactif d'origine naturelle, "constituerait un acte de négligence", préviennent les experts.
Le tabagisme étant à l'origine de la grande majorité des cancers du poumon à travers le monde, les "mesures préventives et les actions correctives contre le radon doivent être menées de front avec la lutte contre le tabagisme", ajoutent Zhanat Carr (Organisation mondiale de la santé) et Hajo Zeeb (Université de Mayence, Allemagne) dans un éditorial.
Classé cancérogène pulmonaire certain par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), une agence de l'OMS, le radon se concentre dans l'habitat mal ventilé, rappelle Olivier Catelinois (Institut de veille sanitaire).
La Bretagne et la Corse
Dans les régions où les habitations présentent des niveaux élevés de radon, comme la Bretagne et la Corse, le radon causerait plus de 20% des décès annuels par cancer du poumon, précisent dans une autre étude Philippe Pirard (InVS) et ses collègues.
Environ 76% des Français sont exposés à des concentrations inférieures à 100 becquerels/m3, 15% à des concentrations comprises entre 100 et 199 Bq/m3 et 9% à des concentrations supérieures à 200 Bq/m3. Selon Olivier Catelinois, 27% du nombre estimé de décès par cancer du poumon attribuables à l'exposition domestique au radon surviendrait parmi les 9% de Français les plus exposés. Un becquerel correspond à une désintégration par seconde.
25 fois plus de risques pour les fumeurs
D'après une étude sur neuf pays européens publiée fin 2004 dans une revue médicale britannique, 9% des décès par cancer du poumon sont attribuables au radon présent dans les habitations et le risque de cancer de poumon augmente de 8,4% pour chaque accroissement de 100 Bq/m3 de la concentration en "radon mesuré".
A exposition égale au radon, le risque de cancer du poumon est environ 25 fois plus élevé pour les fumeurs que pour les personnes n'ayant jamais fumé, selon cette étude dirigée par Sarah Darby (Oxford, Grande-Bretagne), dont le BEH rappelle les conclusions.
La présence de radon dans notre environnement est variable
Le radon fait naturellement partie de notre environnement. Sa concentration dépend non seulement de facteurs géologiques et climatiques mais aussi de la conception des bâtiments et de nos modes de vie. C'est ainsi que les concentrations sont plus élevées en hiver qu'en été mais elles diminuent lors de l'ouverture des portes et des fenêtres. L'unité de mesure de la concentration du radon dans l'air est le Becquerel par mètre cube (Bq/m3). Un Bq équivaut à une désintégration radioactive par seconde. Le conseil supérieur d'hygiène de France a émis un avis de danger du radon pour la santé humaine. Il retient le seuil de 1000 Bq/m3 comme seuil justifiant la prise de mesures correctives. Les régions les plus concernées : la Bretagne, la Corse, le Massif Central et les Vosges ont des concentrations moyennes en radon dans les habitations dépassant 100 à 150 Bq/m3.
L'institut de radioprotection et de sureté nucléaire
corse du sud
L'IRSN est, avec ses 1500 experts, chercheurs et techniciens, un leader mondial de l'expertise scientifique et de la recherche pour la sûreté nucléaire et la radioprotection.
Institué par le décret du 22 février 2002, l'IRSN est un établissement public indépendant, placé sous la tutelle des ministres chargés de l'écologie, de l'industrie, de la défense, de la santé et de la recherche. Il conduit des programmes de recherche et d'études. Il intervient en appui aux autorités publiques compétentes en matière de sûreté nucléaire et de radioprotection pour les activités civiles et de défense, ainsi qu'en matière de sécurité des installations et des matières nucléaires, dans le cadre des traités internationaux. Il contribue à la surveillance radiologique du territoire national et des travailleurs exposés aux rayonnements ionisants. Il dispose d'une capacité technique et scientifique d'appui à la gestion des situations d'urgence, avec un centre de crise mobilisable à chaque instant, complété par un dispositif d'intervention sur le terrain.
L'IRSN met également son expertise à la disposition de nombreux partenaires et clients, français et étrangers, et contribue à l'information du public au sujet des risques radiologiques, notamment au travers de la publication de rapports, d'expositions, et grâce à son site internet.
Campagne nationale de mesure du radon
Les premières campagnes de mesure du radon dans les bâtiments ont été lancées au début des années 80.
Ces campagnes avaient pour objectifs la connaissance de la distribution des activités volumiques du radon dans l'habitat et l'estimation de l'exposition moyenne des populations des 38 départements mesurés.
En 1992, l'IRSN et la direction Générale de la santé ont décidés de relancer la campagne dans 58 nouveaux départements.
En 1996, des mesures complémentaires sont utilisées pour le bilan.
D'autres campagnes (Guadeloupe, Martinique et Guyane) ont été lancées dans le courant de l'an 2000.
La base de données au 1er janvier 2000 est constituée de 12641 mesures.
Les mesures de prévention
Une instrumentation très variée est disponible sur le marché pour effectuer une surveillance de la contamination radioactive atmosphérique. Elle permet :
- soit la mesure en continu de la contamination
- soit la mesure par échantillonnage (suivi d'une analyse de l'échantillon)
- soit la simple détection d'une contamination.
Pour les contaminations de surfaces, il existe des détecteurs adaptés à chaque type de contamination. Ceux-ci doivent être mis à la disposition du personnel, notamment lorsqu'il utilise des sources non scellées. Quand une contamination des lieux de travail a été mise en évidence, il existe une forte présomption de contamination du personnel. On recherche celle-ci à l'aide de détecteur (corps entier, main, pieds). Ces appareils mesurent le(s) rayonnement(s) émis par les substances radioactives déposées sur les vêtements ou le corps.
Le dosimètre mesure les doses reçues par les personnes exposées, c'est à dire attribuer une valeur aux grandeurs telles que " dose équivalente " ou " dose efficace ".
Il permet de vérifier que les expositions restent, pour chaque travailleur exposé, de l'ordre de grandeur des doses prévisionnelles pour le poste de travail.
Il est fortement recommandé de prendre des mesures afin de déterminer si le taux de radon dans l'air excède 1.000 Bq/m3. Un diagnostic préalable est nécessaire avant de commencer des travaux.
Décontamination des bâtiments
Ces derniers consistent, le plus souvent, en un traitement d'étanchéité pour combler, selon les cas, trous et fissures des sous-sols, des vides sanitaires, des murs, des planchers et des passages de canalisation par lequel s'échappe le gaz. Cela peut aussi consister à ventiler le sol en dessous du bâtiment et les vides sanitaires, à aérer les pièces en mettant en place, le cas échéant, un système de ventilation mécanique double flux (entrée-sortie).
Le dépistage du radon doit être effectué par un ingénieur ou un technicien spécialisé dans la radioactivité et l'hygiène industrielle.
CORSE DU SUD (2A)
Nombre de communes : 51
Nombre de mesures : 56
Moyenne du département : 263 Bq/m3
HAUTE CORSE (2B)
Nombre de communes : 54
Nombre de mesures : 57
Moyenne du département : 133 Bq/m3
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