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| souvent conquise, jamais soumise! |
| | Une île très occupée
Peuplée dès le néolithique avant J. -C., la Corse est entrée dans l’histoire sous le nom de Kyrnos et le surnom de « Kallisté » ( « la plus belle » ). Cette ile a accueilli tour à tour les Torréns, les Ibères, les Celto-Ligures, les Grecs, les Etrusques, les Phéniciens, les Phocéens et les Carthaginois.
Les Romains colonisèrent l’île durant sept siècles. Ce qui laissa largement le temps à Rome de distribuer des terres à ses vétérans Bataves, Gaulois ou Germains. A leur contact, les Corses se mirent à parler l’argot bas-latin.
Au V° siècle de notre ère, les Vandales saccagèrent l’île pendant une centaine d’années et importèrent dans la plaine orientale l’anophèle, un moustique porteur du paludisme. Une implantation d’une trentaine d’années suffit aux Lombards pour codifier la « dette du sang » ou « vendetta ».
Les Sarrasins n’occupèrent pas cette île catholique, mais ils y firent de nombreuses incursions, chaque fois si brèves que les Corses ne surent jamais distinguer les Barbaresques des Berbères, ni les Arabes des Maures. De nos jours, cette confusion persiste.
Au XI° siècle, la Rome pontificale chargea les Pisans d’administrer la Corse, mais leur demanda d’attendre l’arrivée des Génois pour se lancer dans des travaux de construction. Grands bâtisseurs, les Ligures s’installèrent sur l’île du XII° au XVIII° siècle et léguèrent à la postérité les célèbres tours et ponts.
Les Corse débutèrent en 1729 la grande révolte de l’indépendance. Vingt-six ans plus tard, Pascal Paoli fut proclamé chef de la nation par le peuple corse. Révolutionnaire avant l’heure, Paoli n'aura de cesse de relancer l’économie de son île, d’imaginer l’université de Corte, de donner le droit de vote aux femmes, de décréter la séparation des pouvoirs, de rendre l’enseignement obligatoire et de lancer le fameux slogan « les hommes naissent libres et égaux en droits ». Il donna à la Corse une constitution républicaine qui aurait inspiré celle des Etats-Unis.
En 1762, la Corse est pratiquement libre.
Afin de ne pas perdre la Corse, à laquelle elle tenait beaucoup, Gênes, comme elle l’avait déjà fait dans le passé, loua les services militaires de la France qu’elle rétribua en 1768 par la cession de l’île.
La Révolution institua le français comme langue obligatoire sur l’île. En 1790, la Corse devient un département français.
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| les gardes corses |
| | Des gardes corses pour le Vatican.
Nul n'ignore la présence des gardes suisses au Vatican, ceux-ci ont pour mission historique de protéger le Saint Père ; mais combien savent que cette protection n'a pas toujours été assurée par cette garde helvétique ?
En effet, la garde du Vatican a été pendant une longue période assurée par des corses. Cette présence corse au lieu même le plus saint de la chrétienté prouvant, entre autres, la relation étroite entre la Corse et cette religion.
La Corse et les papes :
La Corse entretient de longue date des relations avec la papauté, cela remonte même au premier millénaire après Jésus Christ alors que la Corse était placée sous la domination des papes.
La Corse : terra vaticana.
Au cours du VIIIe siècle après JC, l'île de beauté a fait les frais d'une lutte de pouvoir entre les francs et les lombards, la victoire des premiers conduira a ce que la Corse soit "donnée" au Saint-Siège.
Ce don fait par Pépin le bref en l'an 754, sera réitéré 20 ans plus tard par son fils, Charlemagne.
Cette propriété sera toutefois plus légale que factuelle puisque par la suite se seront Pise et Gênes qui présideront aux destinées de la corse et de ses habitants.
Les gardes corses du Pape :
Il y a très peu de sources sur l'origine de la présence d'une garde corse pour assurer la sécurité du pape, ce qui est plus connu est la raison de son départ (puisque celui ci aura lieu durant une période de prééminence de l'écrit sur la transmission orale) nous pouvons toutefois avancer que c'est en 1378 lors de l'installation définitive du Saint-Siège à Rome que le Pape choisira la garde (sélectionnant ses membres parmi la population des territoires dont il était le propriétaire, et donc des corses).
La fin de la garde corse :
La disparition de ce corps chargé de la protection du Pape sera entérinée à la moitié du XVIIe siècle consécutivement à un désaccord entre le Pape Alexandre VII et le Roi de France Louis XIV, désaccord qui avait failli dégénérer en conflit armé.
L'affaire remonte si l'on en croit certains historiens à l'arrestation d'un malfrat par les gardes corses (sur ordre du Nonce Fabio Chigi, neveu du pape) dans les domaines du cardinal d'Este. Ce dernier courroucé fit appel a des ministres étrangers aux fins d'arbitrage.
Louis XIV qui s'opposait alors au pape sur la question des quartiers d'ambassade, et donc désireux d'affermir sa position, y répondit prestement. Il dépêcha Charles III, duc de Créquy, en tant qu'ambassadeur extraordinaire à Rome accompagné de plusieurs soldats.
La situation dégénéra alors que les soldats du duc passèrent à tabac et injurièrent deux gardes corses dans un cabaret romain, bien sur une sanction fut prononcée à l'encontre des auteurs de l'outrage mais elle ne fut pas du goût de Fabio Chigi, et encore moins à celui des gardes corses.
Ces derniers se rendirent sous les fenêtres de l'ambassadeur de France, place Farnèse quartier du Corso, afin de manifester leur mécontentement et aux échanges de noms d'oiseaux entre les parties succédèrent bientôt les coups de feu.
Malencontreusement les gardes corses dirigèrent le feu de leurs armes en direction du carrosse du Duc de Créquy et atteignirent mortellement un de ses pages.
Louis XIV ne manqua pas d'exploiter ce malheur et exigea immédiatement des sanctions exemplaires et une réparation. Alexandre VII refusa et en appela à l'arbitrage espagnol.
Pour peser sur les négociations, Louis XIV décida de réunifier les états d'Avignon (qui étaient alors sous domination papale, avignon était l'ancien siège de la papauté) à sa couronne et le pape dû céder.
Il envoya donc à la cour du roi de France le Cardinal Chigi présenter excuses et compliments, il accepta de dissoudre la garde corse et d'envoyer une partie de ses membres en galère et enfin de régler une somme d'argent pour dédommager le décès du page.
Louis XIV obtint également l'édification, en 1664 dans la grande cour du Vatican, d'une pyramide d'infamie dédiée au peuple corse qualifié de nation toujours infâme, odieuse aux peuples et désormais indigne de servir les rois.
Cette Pyramide de marbre noir ne fut détruite que 4 ans plus tard sur ordre du pape Clément IX qui la considérait comme une infamie inacceptable faite à l' égard des corses.
Du souvenir de cette histoire ne subsiste plus qu'une tapisserie exposée au château de Fontainebleau et une plaque de bronze au musée du Louvre.
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